{"id":23033,"date":"2019-04-14T09:00:43","date_gmt":"2019-04-14T07:00:43","guid":{"rendered":"https:\/\/chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com\/?p=23033"},"modified":"2019-04-14T09:00:43","modified_gmt":"2019-04-14T07:00:43","slug":"jerome-bourbon-rivarol-les-cinquante-ans-de-la-nouvelle-messe-un-demi-siecle-cataclysmique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/2019\/04\/14\/jerome-bourbon-rivarol-les-cinquante-ans-de-la-nouvelle-messe-un-demi-siecle-cataclysmique\/","title":{"rendered":"[J\u00e9r\u00f4me Bourbon &#8211; Rivarol] Les cinquante ans de la \u00ab nouvelle messe \u00bb : un demi-si\u00e8cle cataclysmique"},"content":{"rendered":"<div class=\"date-posts\">\n<div class=\"post-outer\">\n<div class=\"post hentry uncustomized-post-template\">\n<div class=\"post-header\">\n<div class=\"post-header-line-1\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"post-body-3852124665590662173\" class=\"post-body entry-content\">\n<div><a href=\"https:\/\/chartedefontevraultprovidentialisme.files.wordpress.com\/2019\/04\/d8872-capture.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/chartedefontevraultprovidentialisme.files.wordpress.com\/2019\/04\/d8872-capture.jpg?w=212\" width=\"226\" height=\"319\" border=\"0\" \/><\/a><\/div>\n<h3><a href=\"https:\/\/www.rivarol.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">SOURCE<\/a> &#8211; <span style=\"color:#ff6600;\">J\u00e9r\u00f4me Bourbon &#8211; Rivarol &#8211; 3 avril 2019<\/span><\/h3>\n<hr \/>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">LE 3 AVRIL 1969, il y a tout juste un demi-si\u00e8cle, par la \u201cConstitution apostolique\u201d <i>Missale romanum<\/i>, Paul VI \u201cpromulguait\u201d officiellement \u00ab <i>le missel romain restaur\u00e9 par d\u00e9cret du IIe concile \u0153cum\u00e9nique du Vatican<\/i> \u00bb. En fait de restauration, il s\u2019agissait d\u2019un nouveau rite qui rompait de mani\u00e8re radicale et impressionnante avec la messe tridentine. Comme toujours avec les modernistes, on feint de d\u00e9fendre la tradition de l\u2019Eglise, sa liturgie, sa doctrine pour mieux au final les subvertir et les d\u00e9truire. Ainsi l\u2019article 1 de la \u201cConstitution\u201d d\u00e9clare que \u00ab <i>le Missel romain, promulgu\u00e9 en 1570 par Notre pr\u00e9d\u00e9cesseur saint Pie V en application d\u2019un d\u00e9cret du concile de Trente, a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par tous comme l\u2019un des fruits nombreux et admirables que ce saint concile a r\u00e9pandus dans toute l\u2019\u00c9glise du Christ. Durant quatre si\u00e8cles, non seulement il a fourni aux pr\u00eatres du rite latin la norme de la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019Eucharistie, mais encore les missionnaires l\u2019ont r\u00e9pandu dans presque tout l\u2019univers. De nombreux saints ont nourri leur vie spirituelle de ses lectures bibliques et de ses pri\u00e8res, dont l\u2019ordonnance remontait pour l\u2019essentiel \u00e0 saint Gr\u00e9goire le Grand. <\/i>\u00bb Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9loge fun\u00e8bre tout \u00e0 fait hypocrite puisque les articles suivants enterrent la messe codifi\u00e9e par saint Pie V et prescrivent un nouveau rite. Paul VI se montre intraitable : la \u00ab <i>messe de Luther<\/i> \u00bb doit entrer en vigueur, de mani\u00e8re obligatoire, le 30 novembre 1969, premier dimanche de l\u2019Avent. Au nom d\u2019une pseudo-restauration, d\u2019une fallacieuse r\u00e9novation, de sp\u00e9cieuses n\u00e9cessit\u00e9s pastorales voulues par Vatican II.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Loin d\u2019\u00eatre une restauration, il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une destruction totale qui ouvre la voie \u00e0 un carnage spirituel dont nous mesurons chaque jour les fruits effrayants, comme nous allons le voir. Le rite de Paul VI (qui est en r\u00e9alit\u00e9 une synaxe et non le saint sacrifice de la messe) est en effet ins\u00e9parable du \u201cconcile\u201d Vatican II dont il est l\u2019expression et le couronnement sur le plan liturgique. Si ce que l\u2019on a appel\u00e9 la nouvelle messe a \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9e plus de trois ans apr\u00e8s la fin du \u201cconcile\u201d, elle en est d\u2019\u00e9vidence l\u2019une de ses cons\u00e9quences les plus effroyables. Le \u201cconcile\u201d a en effet introduit une nouvelle mani\u00e8re de se situer par rapport \u00e0 Dieu. Pr\u00e9tendant que l\u2019homme a chang\u00e9, les P\u00e8res conciliaires en d\u00e9duisent qu\u2019il faut aussi modifier le rapport de l\u2019homme \u00e0 Dieu en passant du th\u00e9ocentrisme \u00e0 l\u2019anthropocentrisme. Inversion radicale des fins : la religion n\u2019est plus au service de Dieu mais au service de l\u2019humanit\u00e9. \u00ab <i>L\u2019homme est la seule cr\u00e9ature de Dieu cr\u00e9\u00e9e pour elle-m\u00eame<\/i> \u00bb, \u00ab <i>Tout sur Terre doit \u00eatre ordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019homme comme \u00e0 son centre et \u00e0 son sommet<\/i> \u00bb ose clamer la \u201cconstitution\u201d <i>Gaudium et Spes<\/i>. Et Paul VI, dans son ahurissant discours de cl\u00f4ture de Vatican II, ira jusqu\u2019\u00e0 dire : \u00ab <i>La religion du Dieu qui s\u2019est fait homme s\u2019est rencontr\u00e9e avec la religion \u2014 car c\u2019en est une \u2014 de l\u2019homme qui se fait Dieu. [\u2026] Nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l\u2019homme<\/i> \u00bb.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">SI CE dernier est la fin et le sommet de tout, il faut \u00e9videmment repenser toute la th\u00e9ologie catholique. L\u2019\u00e9glise conciliaire se d\u00e9finit comme un moyen, une institution (parmi beaucoup d\u2019autres), un signe au service de l\u2019homme. C\u2019est la fameuse th\u00e9orie de l\u2019Eglise-sacrement. Jean Paul II pourra ainsi dire que \u00ab <i>l\u2019Eglise a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019homme \u00e0 lui-m\u00eame \u00bb, ou encore que \u00ab l\u2019homme est le chemin de l\u2019Eglise<\/i> \u00bb. Si tel est le cas, l\u2019on comprend que la liturgie ait alors pour objectif de c\u00e9l\u00e9brer l\u2019humanit\u00e9, sujet du rite sacr\u00e9 et du sacerdoce. D\u2019o\u00f9 les autels retourn\u00e9s vers l\u2019assembl\u00e9e des fid\u00e8les dont le pr\u00eatre n\u2019est que l\u2019animateur, le pr\u00e9sident, la nouvelle messe n\u2019\u00e9tant pas hi\u00e9rarchique mais d\u00e9mocratique. La premi\u00e8re version de l\u2019article 7 de l\u2019<i>Institutio generalis<\/i> (longue introduction au nouveau missel de 1969) d\u00e9clare ainsi : \u00ab <i>la C\u00e8ne dominicale est la synaxe sacr\u00e9e ou le rassemblement du peuple de Dieu se r\u00e9unissant sous la pr\u00e9sidence du pr\u00eatre pour c\u00e9l\u00e9brer le m\u00e9morial du Seigneur. C\u2019est pourquoi le rassemblement de l\u2019Eglise locale r\u00e9alise \u00e9minemment la promesse du Christ : \u201cL\u00e0 o\u00f9 deux ou trois sont rassembl\u00e9s en mon nom, je suis au milieu d\u2019eux\u201d.<\/i> \u00bb Est compl\u00e8tement \u00e9vacu\u00e9e la dimension sacrificielle du saint sacrifice de la messe. La c\u00e9l\u00e9bration dite de l\u2019eucharistie n\u2019est plus le m\u00e9morial de la Croix mais celui de la C\u00e8ne. C\u2019est la doctrine de la messe-repas.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Il est question d\u2019une pr\u00e9sence spirituelle du Christ (\u00ab <i>L\u00e0 o\u00f9 deux ou trois sont rassembl\u00e9s en mon nom, je suis au milieu d\u2019eux<\/i> \u00bb) mais nullement de Sa Pr\u00e9sence sacramentelle, de la Pr\u00e9sence r\u00e9elle de Son Corps, de Son Sang, de Son \u00c2me et de Sa Divinit\u00e9. Dans l\u2019optique de Vatican II, la messe (ou plut\u00f4t ce qui en tient lieu) n\u2019est plus le renouvellement non sanglant du sacrifice du Calvaire mais un simple repas communautaire entre baptis\u00e9s. Dans leur <i>Bref examen critique<\/i> publi\u00e9 en septembre 1969, les cardinaux Ottaviani et Bacci (la brochure a en fait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e pour l\u2019essentiel par un dominicain, le P\u00e8re Gu\u00e9rard des Lauriers) se livrent \u00e0 une attaque en r\u00e8gle, parfaitement fond\u00e9e et argument\u00e9e sur le plan th\u00e9ologique, de la nouvelle messe de Paul VI. Le nouveau rite, concluent-ils, \u00ab <i>s\u2019\u00e9loigne de fa\u00e7on impressionnante de la th\u00e9ologie catholique de la Sainte Messe, telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e \u00e0 la XXIIe session du Concile de Trente<\/i> \u00bb qui, en \u00ab <i>fixant les canons<\/i> \u00bb a fourni \u00ab une <i>barri\u00e8re insurmontable pour toute h\u00e9r\u00e9sie qui s\u2019attaquerait \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des Saints myst\u00e8res<\/i> \u00bb. Le nouveau rite s\u2019\u00e9loigne radicalement de la d\u00e9finition catholique de la Messe, consid\u00e9r\u00e9e dans ses quatre causes : mat\u00e9rielle (la Pr\u00e9sence r\u00e9elle), formelle (la nature sacrificielle), finale (le but propitiatoire) et efficiente (le sacerdoce du pr\u00eatre). COMME LA nouvelle messe c\u00e9l\u00e8bre l\u2019homme vers lequel le pr\u00e9sident de l\u2019assembl\u00e9e est tourn\u00e9 (tandis qu\u2019il se d\u00e9tourne de Dieu en lui tournant le dos physiquement, tout un symbole !), puisqu\u2019il s\u2019agit de rappeler sans cesse l\u2019extraordinaire dignit\u00e9 de l\u2019homme, le caract\u00e8re propitiatoire de la messe est rejet\u00e9. Plus question dans cette optique de chercher \u00e0 apaiser Dieu, \u00e0 lui donner la satisfaction due pour les p\u00e9ch\u00e9s commis, \u00e0 soulager les \u00e2mes du purgatoire. L\u2019abandon de l\u2019anthropocentrisme est visible dans les \u00e9glises qui sont compl\u00e8tement transform\u00e9es, souvent de mani\u00e8re brutale : au ma\u00eetre-autel tourn\u00e9 vers Dieu se substitue une simple table (de cuisine ou \u00e0 repasser) orient\u00e9e vers l\u2019assembl\u00e9e ; le pr\u00eatre (ou ce qui en tient lieu) \u00e9tant r\u00e9duit au r\u00f4le d\u2019animateur et de pr\u00e9sident d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie s\u00e9cularis\u00e9e. Les confessionnaux sont d\u00e9laiss\u00e9s et font souvent office de placards \u00e0 balais. Les bancs de communion sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9mont\u00e9s car il n\u2019est plus question de s\u2019agenouiller en signe d\u2019adoration de Son Cr\u00e9ateur et Sauveur. On communie debout et dans la main. La chaire est supprim\u00e9e ou d\u00e9laiss\u00e9e, mani\u00e8re symbolique de renoncer au pouvoir d\u2019enseignement de l\u2019Eglise, car dans la religion conciliaire nous ne sommes plus dans le sch\u00e9ma de l\u2019Eglise ma\u00eetresse de v\u00e9rit\u00e9 enseignant au monde la Voie, la V\u00e9rit\u00e9 et la Vie mais dans celui d\u2019une \u201c\u00e9glise\u201d enseign\u00e9e par le monde, apprenant \u00e0 son contact, r\u00e9agissant \u00e0 l\u2019unisson.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Il s\u2019agit de mettre en place les conditions d\u2019un mondialisme politico-religieux ; dans le nouvel ordre mondial les religions mises sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 ne sont en effet que de simples animatrices et de z\u00e9l\u00e9es propagandistes de la d\u00e9mocratie universelle et de ses idoles : la d\u00e9claration des droits de l\u2019homme, le culte holocaustique, la tol\u00e9rance \u00e9rig\u00e9e en absolu, le la\u00efcisme, la libert\u00e9 de conscience et de culte, l\u2019antiracisme unilat\u00e9ral et obligatoire, la lutte acharn\u00e9e contre toutes les discriminations, m\u00eames naturelles et l\u00e9gitimes, la sympathie illimit\u00e9e pour tous les autres cultes et confessions. Les statues des saints et de la Sainte Vierge sont souvent enlev\u00e9es ou laiss\u00e9es pleines de poussi\u00e8re, les \u00e9difices souvent non entretenus. Les magnifiques ornements liturgiques traditionnels (chasuble, chapes, \u00e9toles, nappes d\u2019autel\u2026) ont souvent \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9s ou jet\u00e9s avec une haine satanique, qui rappelle celle des r\u00e9form\u00e9s au XVIe si\u00e8cle et sont remplac\u00e9s par des habits d\u2019une laideur g\u00e9n\u00e9ralement repoussante. La beaut\u00e9 aide \u00e0 prier, \u00e0 \u00e9lever son \u00e2me, aussi la volont\u00e9 d\u2019enlaidissement, notamment des habits et du mobilier liturgiques, comme des c\u00e9r\u00e9monies, est-elle un des sympt\u00f4mes de la r\u00e9volution moderniste. Il en va de m\u00eame du gr\u00e9gorien qui a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s partout au profit de chansonnettes souvent parfaitement ridicules ou d\u00e9bilitantes quand elles ne sont pas h\u00e9t\u00e9rodoxes voire h\u00e9r\u00e9tiques.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Le nouveau rite est profond\u00e9ment d\u00e9sacralis\u00e9 et ne rend pas un culte v\u00e9ritable \u00e0 Dieu : de 14 g\u00e9nuflexions on est pass\u00e9 \u00e0 3. Or, dans un rite sacramentel, l\u2019\u00e9loquence du signe passe par la multiplication suffisante des gestes. Sur ce plan du signe, la quasi-disparition des g\u00e9nuflexions dans le <i>novus ordo missae<\/i> \u00e9quivaut \u00e0 une omission d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, qui oblit\u00e8re gravement l\u2019expression de la doctrine. D\u2019autant plus que ces trois g\u00e9nuflexions, l\u00e0 o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es (deux apr\u00e8s et non plus avant l\u2019\u00e9l\u00e9vation, ce qui n\u2019est pas un hasard ; une avant la communion de l\u2019assembl\u00e9e) pr\u00e9sentent un sens volontairement \u00e9quivoque : expriment-elles la Pr\u00e9sence r\u00e9elle, ou seulement la pr\u00e9sence spirituelle et mystique du Christ dans l\u2019assembl\u00e9e, qui est le r\u00e9sultat de la Foi des fid\u00e8les ? Poser la question, c\u2019est y r\u00e9pondre. Le modernisme affirme assez rarement des h\u00e9r\u00e9sies explicites, il proc\u00e8de g\u00e9n\u00e9ralement par \u00e9quivocit\u00e9s volontaires pour mieux tromper. Il en est d\u2019autant plus dangereux.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">QUI A assist\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de fun\u00e9railles ou d\u2019autres c\u00e9r\u00e9monies \u00e0 un office conciliaire ne peut qu\u2019\u00eatre frapp\u00e9 voire \u00e9pouvant\u00e9 par la d\u00e9sacralisation de la liturgie, la laideur des v\u00eatements sacerdotaux, du mobilier liturgique, la pauvret\u00e9 consternante des sermons d\u2019un humanitarisme horizontal qui n\u2019\u00e9l\u00e8ve pas l\u2019\u00e2me, ne rappelle pas les grands myst\u00e8res de la religion, les v\u00e9rit\u00e9s de la foi, r\u00e9p\u00e8te ce que dit le monde, ce que l\u2019on entend partout, ce que professent l\u2019\u00e9cole et les media. On ne le dira jamais assez, la nouvelle messe (ou plus exactement la synaxe de Paul VI) s\u2019inscrit dans une gigantesque entreprise de destruction o\u00f9 rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 intact : ni la liturgie d\u00e9sacralis\u00e9e et protestantis\u00e9e (sait-on assez que six ministres protestants ont collabor\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de la nouvelle messe : George, Jasper, Shepher, Kunneth, Smith et Thurian et que, comme Luther qui avait supprim\u00e9 l\u2019offertoire parce qu\u2019il exprimait clairement le caract\u00e8re sacrificiel et propitiatoire de la messe, les inventeurs du <i>novus ordo missae<\/i> ont r\u00e9duit l\u2019offertoire \u00e0 une simple pr\u00e9paration des oblats, reprenant des b\u00e9n\u00e9dictions juives ?), ni le cat\u00e9chisme traditionnel interdit et remplac\u00e9 par une vague cat\u00e9ch\u00e8se droit-de-l\u2019hommiste et \u0153cum\u00e9niste, ni les constitutions religieuses (toutes boulevers\u00e9es, y compris celle des Chartreux qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e depuis son fondateur, saint Bruno !), ni l\u2019habit eccl\u00e9siastique, ni les \u00c9tats, syndicats, \u00e9coles et partis chr\u00e9tiens tous appel\u00e9s \u00e0 faire leur mue. A \u00c9glise nouvelle correspondent sacerdoce nouveau, eccl\u00e9siologie nouvelle, messe nouvelle, cat\u00e9chisme nouveau (1968 avec <i>Pierres Vivantes<\/i> et 1992 avec le \u00ab <i>Cat\u00e9chisme de l\u2019Eglise catholique<\/i> \u00bb), sacrements nouveaux, communaut\u00e9s nouvelles, nouveau chemin de Croix (1991), nouveau Rosaire (2002), nouveau code de droit canon (1983), nouveau rite de cons\u00e9cration \u00e9piscopale et d\u2019ordination sacerdotale (1968) \u2014 dont des \u00e9tudes \u00e9rudites se sont attach\u00e9es \u00e0 d\u00e9montrer le caract\u00e8re invalide, de mani\u00e8re significative le sacre et l\u2019ordination ont d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s en premier car il s\u2019agissait d\u2019abord d\u2019interrompre le sacerdoce catholique indispensable pour l\u2019administration de cinq sacrements \u2014, nouveau bapt\u00eame (1969), nouvelle confirmation (1971), nouveau mariage (1969), nouvelle extr\u00eame-onction (1972), nouvelle confession (1973), nouveau br\u00e9viaire (1970), nouveau calendrier liturgique (1969), nouvelles huiles saintes (1970), nouveau Notre P\u00e8re (1966), nouveau Credo (o\u00f9 l\u2019on a remplac\u00e9 l\u2019expression \u00ab <i>consubstantiel au P\u00e8re<\/i> \u00bb par \u00ab <i>de m\u00eame nature que le P\u00e8re<\/i> \u00bb).<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Preuve que les modernistes qui occupent (ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment usurpent) aujourd\u2019hui toutes les fonctions d\u2019autorit\u00e9 sont fiers de leur \u0153uvre, Bergoglio a \u201ccanonis\u00e9\u201d il y a quelques mois, le 14 octobre 2018, Paul VI, l\u2019homme en blanc qui a \u201cpromulgu\u00e9\u201d le concile Vatican II (7 d\u00e9cembre 1965) et la nouvelle messe (3 avril 1969) apr\u00e8s avoir \u201ccanonis\u00e9\u201d le 27 avril 2014 \u00e0 la fois Jean XXIII, l\u2019homme qui a convoqu\u00e9 Vatican II et Jean Paul II, l\u2019homme qui l\u2019a appliqu\u00e9 avec Montini. Ils se \u201ccanonisent\u201d les uns les autres en toute ind\u00e9cence, et avec une incroyable c\u00e9l\u00e9rit\u00e9. Ils peuvent \u00eatre contents : en un demi-si\u00e8cle ils ont tout d\u00e9truit. Ils ont pers\u00e9cut\u00e9, chass\u00e9, traqu\u00e9, dans les ann\u00e9es 1970, les pr\u00eatres, souvent \u00e2g\u00e9s, qui voulaient rester fid\u00e8les \u00e0 la messe de leur enfance et de leur ordination.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Et apr\u00e8s avoir fait dire une fausse messe (celle de Paul VI) par de vrais pr\u00eatres (ceux ordonn\u00e9s avant les nouveaux rites du 18 juin 1968, rendus obligatoires le 6 avril 1969, il y a un demi-si\u00e8cle), voil\u00e0 que l\u2019on fait dire d\u00e9sormais une vraie messe (le rite tridentin) par de faux pr\u00eatres (ceux \u201cordonn\u00e9s\u201d dans le nouveau rite ou par des \u201c\u00e9v\u00eaques\u201d eux-m\u00eames sacr\u00e9s dans le nouveau rite). On avait d\u00e9j\u00e0 proc\u00e9d\u00e9 ainsi au XVI\u00e8me si\u00e8cle avec la R\u00e9forme anglicane : apr\u00e8s avoir gravement alt\u00e9r\u00e9 les rites, les rendant invalides, pour neutraliser les oppositions conservatrices et donner le change, les r\u00e9formateurs ont accord\u00e9 un peu de latin, remis en vigueur des ornements traditionnels, en forme de miettes que l\u2019on distribue d\u00e9daigneusement. Les modernistes font exactement la m\u00eame chose quatre cents ans plus tard : apr\u00e8s avoir impos\u00e9 de mani\u00e8re violente le nouveau rite, ils accordent au compte-gouttes le retour au latin, mais dans le cadre d\u2019une adh\u00e9sion \u00e0 Vatican II et de c\u00e9r\u00e9monies assur\u00e9es le plus souvent par des clercs \u201cordonn\u00e9s\u201d par des \u201c\u00e9v\u00eaques\u201d \u201csacr\u00e9s\u201d dans le <i>novus ordo missae<\/i>.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Un autre moyen subtil de neutraliser la r\u00e9sistance \u00e0 Vatican II et au modernisme est de faire c\u00e9l\u00e9brer la messe traditionnelle en communion avec les intrus occupant le si\u00e8ge de Pierre, lesquels d\u00e9truisent la foi et la morale, b\u00e9nissent des sodomites, visitent des mosqu\u00e9es et des synagogues pour faire all\u00e9geance \u00e0 de faux cultes, promeuvent le mondialisme. Or, on ne peut \u00eatre \u00e0 la fois <i>una cum Christo<\/i> et <i>una cum Bergoglio<\/i>, se r\u00e9clamer du Dieu trois fois saint et s\u2019incliner en signe de soumission au canon de la messe devant un h\u00e9r\u00e9tique et un apostat, citer avec d\u00e9f\u00e9rence son nom dans la partie la plus sacr\u00e9e du saint sacrifice, le reconna\u00eetre comme la r\u00e8gle vivante et prochaine de la foi, comme \u00ab <i>le doux Christ sur la terre<\/i> \u00bb selon la d\u00e9finition que sainte Catherine de Sienne donne du Pape. De m\u00eame qu\u2019il faut choisir entre la Croix et la Shoah, de m\u00eame faut-il opter entre Dieu et Judas.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">LES FRUITS de Vatican II, de la nouvelle messe et de toutes les r\u00e9formes post-conciliaires sont parfaitement connus : effondrement des vocations religieuses et sacerdotales, abandon du sacerdoce, affaissement de la pratique religieuse, mont\u00e9e vertigineuse de l\u2019indiff\u00e9rentisme religieux, du relativisme moral, du scepticisme philosophique. Depuis 1960 environ, les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations sont \u00e9lev\u00e9es dans une totale ignorance de la religion ; la transmission ne se fait plus. Le d\u00e9p\u00f4t de la foi n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 gard\u00e9 par ceux qui avaient le devoir sacr\u00e9 de le conserver. D\u00e8s lors, rien de surprenant si depuis un demi-si\u00e8cle que l\u2019Eglise catholique est occup\u00e9e, occult\u00e9e et \u00e9clips\u00e9e par le modernisme triomphant, la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019est compl\u00e8tement d\u00e9compos\u00e9e, liqu\u00e9fi\u00e9e. En cinquante ans, le monde a plus chang\u00e9 qu\u2019en deux mill\u00e9naires. Nous avons quitt\u00e9 la civilisation \u00e9difi\u00e9e par des si\u00e8cles d\u2019efforts, de sacrifices, de d\u00e9vouement pour une barbarie infiniment pire que celle de jadis. Notre monde a rejet\u00e9 avec obstination la v\u00e9rit\u00e9 connue. Or, comme le proph\u00e9tisait le cardinal Pie, \u00ab <i>lorsque le Bon Dieu ne r\u00e8gne pas par les bienfaits li\u00e9s par sa pr\u00e9sence, il r\u00e8gne par toutes les calamit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 son absence<\/i> \u00bb.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">Nagu\u00e8re m\u00eame ceux qui n\u2019\u00e9taient pas chr\u00e9tiens, m\u00eame ceux qui faisaient profession de rejeter bruyamment le Christ et sa loi, \u00e9taient, comme malgr\u00e9 eux, impr\u00e9gn\u00e9s de valeurs chr\u00e9tiennes. Ils savaient ce que voulaient dire la parole donn\u00e9e, l\u2019honneur, la pudeur, la fid\u00e9lit\u00e9, le courage, la politesse, l\u2019h\u00e9ro\u00efsme, la vertu, la modestie. Aujourd\u2019hui tous les mots sont galvaud\u00e9s. Chez un enfant de sept ans le mot \u201camour\u201d est d\u00e9j\u00e0 irr\u00e9m\u00e9diablement souill\u00e9. L\u2019homme moderne n\u2019est plus reli\u00e9 \u00e0 rien, sinon \u00e0 son IPod, \u00e0 son IPad et \u00e0 son IPhone. Toute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la transcendance lui est \u00e9trang\u00e8re. En voulant supprimer Dieu, on a du m\u00eame coup supprim\u00e9 la morale. D\u2019o\u00f9 un d\u00e9ferlement de haine, de violence et de nihilisme. D\u2019o\u00f9 des familles divis\u00e9es, \u00e9clat\u00e9es, d\u00e9compos\u00e9es. D\u2019o\u00f9 des enfants abandonn\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames. D\u2019o\u00f9 la d\u00e9ferlante de la drogue et de la pornographie. D\u2019o\u00f9 la mont\u00e9e du satanisme, des profanations d\u2019\u00e9glises et de cimeti\u00e8res. D\u2019o\u00f9 le triomphe de toutes les inversions : \u201cmariage\u201d homosexuel, th\u00e9orie du genre, vomitives Gay Pride r\u00e9unissant chaque ann\u00e9e un plus grand nombre de participants. D\u2019o\u00f9 le recours massif \u00e0 des antid\u00e9presseurs et \u00e0 des anxiolytiques, \u00e0 des psychiatres et \u00e0 des mages. D\u2019o\u00f9 l\u2019essor des sectes en tous genres et des fausses religions. D\u2019o\u00f9 la contagion des suicides. D\u2019o\u00f9 le r\u00e8gne du vide et du n\u00e9ant, le triomphe insolent du mensonge, de l\u2019imposture et de Mammon. D\u2019o\u00f9 la domination chaque jour plus insolente de toutes les subversions et de toutes les transgressions.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#008000;\">POURTANT, il reste possible \u00e0 celui qui le souhaite, avec la gr\u00e2ce de Dieu, de se sanctifier, m\u00eame dans ces heures tragiques. Vatican II et la nouvelle messe ont certes \u00e9t\u00e9 bien pires qu\u2019une guerre mondiale. La guerre tue les corps, mais elle ne tue pas n\u00e9cessairement les \u00e2mes. La r\u00e9volution moderniste a conduit \u00e0 une apostasie universelle et \u00e0 un monde qui est devenu un cloaque sordide et un chaudron infernal. Elle a largement obstru\u00e9 les canaux de la gr\u00e2ce mais ils ne sont pas ferm\u00e9s. Pour qui entend rester fid\u00e8le aux tr\u00e9sors de vingt si\u00e8cles d\u2019Eglise, \u00e0 son missel, \u00e0 son cat\u00e9chisme, \u00e0 sa doctrine, pour qui se r\u00e9chauffe le c\u0153ur et dilate son \u00e2me en m\u00e9ditant la vie des saints et des martyrs, pour qui conserve la foi, l\u2019esp\u00e9rance et la charit\u00e9, malgr\u00e9 les vicissitudes et les tourments actuels, malgr\u00e9 la crise inou\u00efe qui tend \u00e0 tout submerger, \u00e0 tout ruiner, \u00e0 tout effacer, assur\u00e9ment le chemin du Ciel reste ouvert.<\/span><\/h3>\n<h3><span style=\"color:#ff6600;\">J\u00e9r\u00f4me BOURBON.<\/span><\/h3>\n<ul>\n<li><span style=\"color:#ff6600;\"><i>Editorial du num\u00e9ro 3371 de RIVAROL dat\u00e9 du mercredi 3 avril 2019.<\/i><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SOURCE &#8211; J\u00e9r\u00f4me Bourbon &#8211; Rivarol &#8211; 3 avril 2019 LE 3 AVRIL 1969, il y a tout juste un demi-si\u00e8cle, par la \u201cConstitution apostolique\u201d Missale romanum, Paul VI \u201cpromulguait\u201d&#8230; <a href=\"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/2019\/04\/14\/jerome-bourbon-rivarol-les-cinquante-ans-de-la-nouvelle-messe-un-demi-siecle-cataclysmique\/\">Cliquez pour lire davantage &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[4617,12210,12907],"class_list":["post-23033","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blogs-et-sites-catholiques","tag-concile-vatican-ii","tag-jerome-bourbon","tag-journal-rivarol"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23033","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23033"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23033\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23033"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23033"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23033"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}