{"id":27087,"date":"2019-11-06T09:00:00","date_gmt":"2019-11-06T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com\/?p=27087"},"modified":"2019-11-06T09:00:00","modified_gmt":"2019-11-06T08:00:00","slug":"jose-castano-du-temps-de-la-france-lalgerie-cetait-le-paradis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/2019\/11\/06\/jose-castano-du-temps-de-la-france-lalgerie-cetait-le-paradis\/","title":{"rendered":"Jos\u00e9 Castano. Du temps de la France, l\u2019Alg\u00e9rie c\u2019\u00e9tait le paradis ! \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>ET ILS PARTIRENT VERS LA&nbsp;<em>TERRE PROMISE<\/em>\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab&nbsp;<em>Du temps de la France, l\u2019Alg\u00e9ri<\/em><\/strong><em>e<strong>&nbsp;c\u2019\u00e9tait le paradis&nbsp;!&nbsp;<\/strong><\/em><strong>\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><strong>(HOCINE AIT AHMED, chef historique du F.L.N alg\u00e9rien)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question de la&nbsp;<em>m\u00e9moire<\/em>&nbsp;entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie demeure toujours, plus d\u2019un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, un probl\u00e8me r\u00e9current savamment entretenu par les chefs d\u2019\u00e9tat de ces deux nations\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois derniers pr\u00e9sidents fran\u00e7ais ont point\u00e9, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, la responsabilit\u00e9 fran\u00e7aise dans la guerre et la colonisation, d\u00e9non\u00e7ant tour \u00e0 tour, une France qui \u00ab&nbsp;<em>manquait \u00e0 ses valeurs universelles<\/em>&nbsp;\u00bb pour Fran\u00e7ois Hollande, et un syst\u00e8me colonial \u00ab&nbsp;<em>profond\u00e9ment injuste<\/em>&nbsp;\u00bb, pour son pr\u00e9d\u00e9cesseur Nicolas Sarkozy.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 15 f\u00e9vrier 2017, \u00e0 Alger, le candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle Emmanuel Macron, choisit de condamner la colonisation fran\u00e7aise en Alg\u00e9rie en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est un crime,&nbsp;<strong>un crime contre l\u2019humanit\u00e9<\/strong>, c\u2019est une vraie barbarie. Et \u00e7a fait partie de ce pass\u00e9 que nous devons regarder en face, en pr\u00e9sentant nos excuses \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;La France avait donc commis un \u00ab&nbsp;<em>crime contre l\u2019humanit\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb lorsque, en 1830, elle avait abord\u00e9 les c\u00f4tes alg\u00e9riennes dans le but&nbsp;<strong>essentiel<\/strong>&nbsp;de mettre fin \u00e0 la terreur barbaresque en M\u00e9diterran\u00e9e, lib\u00e9rer les esclaves chr\u00e9tiens et \u00e9radiquer la traite des blanches li\u00e9e \u00e0 la culture du harem\u2026 Et il aurait fallu \u00ab&nbsp;<em>pr\u00e9senter nos excuses&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;\u00e0 l\u2019\u00e9gard de ceux qui pillaient, ran\u00e7onnaient, massacraient et r\u00e9duisaient en esclavage (principalement) la chr\u00e9tient\u00e9&nbsp;?\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Si Monsieur Macron avait pris la peine de s\u2019informer sur les raisons r\u00e9elles de cette exp\u00e9dition, il aurait appris qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019\u00e9tait pas un territoire ind\u00e9pendant mais une&nbsp;<strong>possession turque<\/strong>. Elle ne constituait pas un Etat, encore moins une nation. Elle n\u2019avait pas de fronti\u00e8res. Elle constituait une mosa\u00efque de tribus qu\u2019aucun lien, sauf le religieux, n\u2019unissait entre elles\u2026 et encore seulement d\u2019une fa\u00e7on tr\u00e8s fragmentaire.<\/p>\n\n\n\n<p>La mission remplie, qu\u2019allait-on d\u00e9sormais bien pouvoir faire de ce pays lib\u00e9r\u00e9 de la tutelle turque&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si la France abandonnait le terrain, tout donnait \u00e0 penser que d\u2019autres Etats lui succ\u00e9deraient, particuli\u00e8rement l\u2019Espagne et l\u2019Angleterre. A quoi auraient donc servi tant d\u2019efforts&nbsp;? De sacrifices humains&nbsp;? D\u2019argent d\u00e9pens\u00e9&nbsp;?&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors, la conqu\u00eate du pays fut d\u00e9cid\u00e9e et avec elle, l\u2019envoi des premiers&nbsp;<em>colons<\/em>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En 1848, apr\u00e8s les sanglantes journ\u00e9es de juin, le gouvernement fran\u00e7ais choisit de faire de l\u2019Alg\u00e9rie un&nbsp;<strong>lieu de d\u00e9portations<\/strong>&nbsp;et c\u2019est pour \u00e9viter une nouvelle r\u00e9volution que, le 19 septembre 1848, l\u2019Assembl\u00e9e Nationale vota 50 millions pour la cr\u00e9ation de 42 \u00ab&nbsp;colonies de peuplement&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;centres agricoles&nbsp;\u00bb pour \u00e9tablir 13500 \u00ab&nbsp;<em>colons<\/em>&nbsp;\u00bb fran\u00e7ais dans le but \u00ab&nbsp;<em>d\u2019occuper<\/em>&nbsp;\u00bb ces Parisiens je\u00fbneurs malgr\u00e9 eux et qu\u2019on devinait pr\u00eats \u00e0 se faire turbulents.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers d\u00e9port\u00e9s furent les \u00ab&nbsp;<em>communalistes<\/em>&nbsp;\u00bb, qui devaient \u00eatre rejoints en 1852 par ceux qui avaient os\u00e9 r\u00e9pondre \u00ab&nbsp;<em>NON<\/em>&nbsp;\u00bb au pl\u00e9biscite, puis par les&nbsp;Alsaciens-lorrains de 1870.&nbsp;Que savaient les uns et les autres de l\u2019Afrique&nbsp;? Pas grand-chose\u2026 si ce n\u2019\u00e9tait que le pays \u00e9tait chaud, o\u00f9 les soldats enjuponn\u00e9s de rouge qu\u2019on appelait&nbsp;<em>zouaves<\/em>&nbsp;se battaient six jours sur sept contre les \u00ab&nbsp;<em>Mahoms<\/em>&nbsp;\u00bb dont le p\u00e9ch\u00e9 mignon \u00e9tait de couper la&nbsp; t\u00eate aux chr\u00e9tiens, et que certains civils, dont on avait dit&nbsp;<em>qu\u2019ils \u00e9taient all\u00e9s chercher fortune par l\u00e0-bas<\/em>, n\u2019\u00e9taient plus reparus.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils retrouv\u00e8rent sur place ceux qui, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, pataugeaient dans les boues des mar\u00e9cages infest\u00e9s de miasmes, rong\u00e9s par le paludisme et la malaria, la cervelle \u00e0 moiti\u00e9 cuite sous l\u2019aveuglant et lourd glissement du sirocco et qui \u00e9taient partis vers l\u2019Afrique, comme on se met en marche vers la terre promise\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On avait promis \u00e0 ces malheureux des merveilles\u2026 ils d\u00e9couvrirent un d\u00e9sert, une lande h\u00e9riss\u00e9e de broussailles au bord d\u2019un marais pestilentiel o\u00f9 pullulaient les moustiques. Mais ils ne pouvaient pas repartir&nbsp;! Ils \u00e9taient pris au pi\u00e8ge de leur propre r\u00eave, prisonniers de l\u2019Afrique\u2026 et d\u00e9j\u00e0 promis \u00e0 la mal\u00e9diction qui allait s\u2019abattre sur elle\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un pays o\u00f9 certaines r\u00e9gions de colonisation \u00e9taient en majeure partie des mar\u00e9cages, le paludisme faisait des ravages effrayants. En 1841, dans son \u00e9tude&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Solution de la question d\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;\u00bb<\/em>, le g\u00e9n\u00e9ral Duvivier \u00e9crivait&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;Les plaines telles celles de la Mitidja, de B\u00f4ne et tant d\u2019autres ne sont que des foyers de maladies et mort. Les assainir, on n\u2019y parviendra jamais\u2026 Les plaines pour les Europ\u00e9ens, sont et seront toujours longtemps de vastes tombeaux. Qu\u2019on abandonne ces f\u00e9tides fosses&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Vastes tombeaux&nbsp;! F\u00e9tides fosses&nbsp;!&nbsp;<\/em>Quel programme engageant&nbsp;! Et le g\u00e9n\u00e9ral Berthez\u00e8ne d\u2019affirmer, mena\u00e7ant&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;La Mitidja n\u2019est qu\u2019un immense cloaque. Elle sera le tombeau de tous ceux qui oseront l\u2019exploiter&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, quelques ann\u00e9es plus tard, \u00e0 force de courage, de patience, de pers\u00e9v\u00e9rance, d\u2019abn\u00e9gation, mais aussi de privations, de souffrance, de mis\u00e8re et de centaines de morts us\u00e9s \u00e0 la t\u00e2che, la Mitidja, \u00ab<em>&nbsp;ce marais pestilentiel&nbsp;<\/em>\u00bb, devint la perle et la plus riche contr\u00e9e agricole de l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;la premi\u00e8re victoire de la quinine&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;la plus belle r\u00e9alisation du g\u00e9nie colonisateur de la France&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9meraude p\u00each\u00e9e dans la vase&nbsp;\u00bb<\/em>, \u00e9crira le colonel Trumelet.<\/p>\n\n\n\n<p>Typhus, chol\u00e9ra frapp\u00e8rent inexorablement. Bugeaud, rentr\u00e9 en France, mourra du chol\u00e9ra en 1849. Dans les Centres de colonisation, o\u00f9 l\u2019hygi\u00e8ne \u00e9tait rudimentaire, ce mal surtout faisait des ravages terribles. Des villages entiers furent d\u00e9cim\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chacun \u00e9tait d\u00e9sormais li\u00e9 au sol, au ciel, aux p\u00e9rils de toujours et devait se d\u00e9fendre, \u00e0 la fois, contre les \u00e9l\u00e9ments et les bandes arm\u00e9es qui parcouraient le pays. Elles le ravageaient au jour le jour, sans plan arr\u00eat\u00e9. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 r\u00e9gnait partout. Les cavaliers en burnous, les&nbsp;<em>yatagans<\/em>, les&nbsp;<em>Hadjouths<\/em>&nbsp;et les pillards se chargeaient de trancher les gorges et d\u2019enlever les femmes pendant que les hommes tentaient de ma\u00eetriser les meules de fourrage en proie aux flammes, produit de leur labeur de for\u00e7at.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les cimeti\u00e8res, les rang\u00e9es s\u2019ajoutaient aux rang\u00e9es o\u00f9 s\u2019affirmait ainsi le commencement d\u2019un peuple. L\u2019Afrique devenait une \u00ab&nbsp;<em>terre \u00e0 s\u00e9pultures<\/em>&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Rien de ce qu\u2019ils avaient r\u00eav\u00e9 ne s\u2019\u00e9tait&nbsp; accompli comme ils l\u2019avaient esp\u00e9r\u00e9. Tout s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 autrement, avec plus de duret\u00e9 et de cruaut\u00e9, mais \u00e0 force d\u2019\u00e9nergie \u00e0 travers les \u00e9checs, les souffrances, les malheurs, \u00e0 force de volont\u00e9, de patience et de g\u00e9nie, ils avaient donn\u00e9 un sens \u00e0 ce que le destin et l\u2019Histoire leur avaient confi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors arriv\u00e8rent pour essayer de vivre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces Fran\u00e7ais t\u00eatus, des fr\u00e8res latins, tout aussi mis\u00e9reux&nbsp;: Espagnols, Italiens, Maltais, G\u00e9nois, Siciliens\u2026 Un point commun les unissait&nbsp;: l\u2019extr\u00eame mis\u00e8re&nbsp;! L\u2019Alg\u00e9rie \u2013leur avait-on d\u00e9clar\u00e9- c\u2019\u00e9tait&nbsp;<em>l\u2019eldorado<\/em>&nbsp;! Et puis, ce pays \u00e9tait plus proche de l\u2019Europe que la Californie\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme il y eut un r\u00eave am\u00e9ricain apr\u00e8s la seconde guerre mondiale, il y eut \u00e0 partir de 1840, un r\u00eave alg\u00e9rien\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Fran\u00e7ais de France<\/em>&nbsp;\u00bb, les fils de cette France qui les avait exil\u00e9s protest\u00e8rent contre l\u2019intrusion de ces nouveaux d\u00e9fricheurs&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ne sommes-nous pas capables d\u2019arriver nous-m\u00eames \u00e0 nos fins&nbsp;? Ne l\u2019avons-nous pas suffisamment prouv\u00e9&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e8re-patrie leur r\u00e9pondit doucement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Ces \u00e9trangers sont l\u00e0 pour vous aider dans votre t\u00e2che. Ils auront des terres qui auraient fini par vous tuer. Ils r\u00e9ussiront \u00e0 n\u2019y pas mourir, habitu\u00e9s qu\u2019ils sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la grande mis\u00e8re, \u00e0 l\u2019extr\u00eame fatigue. Ne les renvoyez pas&nbsp;! Accueillez-les au contraire en associ\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous, \u00e9taient des d\u00e9port\u00e9s de la politique et de la mis\u00e8re, des r\u00e9fractaires, des exil\u00e9s, mais ils portaient en eux ce germe qui s\u2019appelle&nbsp;<strong>l\u2019audace<\/strong>&nbsp;et que leurs parents demeur\u00e9s dans les vieux pays d\u2019Europe allaient inexorablement laisser mourir comme des semailles gel\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensemble ils \u00e9difi\u00e8rent cette Afrique latine qui, en bonne justice, se fondit, s\u2019harmonisa en une seconde France. C\u2019est ainsi que la grande famille europ\u00e9enne se forma et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, la famille musulmane commen\u00e7a \u00e0 concevoir que ces&nbsp;<em>roumis<\/em>&nbsp;n\u2019\u00e9taient \u2013tout compte fait- ni des adversaires, ni des parasites, et que par cons\u00e9quent il n\u2019\u00e9tait nul besoin de leur couper la t\u00eate\u2026 Elle se risqua, se rapprocha, \u00e9couta, puis accepta l\u2019invitation \u00e0 l\u2019initiation.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9trangers poussaient la charrue un peu plus loin que les Fran\u00e7ais. Les Arabes consentaient \u00e0 venir \u00e0 la rescousse de l\u2019effort des uns et des autres. L\u2019Afrique du Nord toute enti\u00e8re devenait un mus\u00e9e ethnographique o\u00f9 allaient commencer \u00e0 se d\u00e9sint\u00e9grer dans le silence baignant des paysages vitrifi\u00e9s, les d\u00e9bris de toutes les races du monde m\u00e9diterran\u00e9en donnant naissance \u00e0 une nouvelle race&nbsp;: Les&nbsp;<strong><em>Pieds-Noirs<\/em><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>La foi, l\u2019amour, la bonne volont\u00e9, la t\u00e9nacit\u00e9, les sacrifices, la confiance, les chagrins n\u2019avaient pas manqu\u00e9. Et tout cela, avec les morts et avec les vivants, avec ceux qui creusaient, ceux qui labouraient, ceux qui conseillaient, tout cela, ensemble, avait contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire l\u2019histoire de l\u2019Afrique du Nord.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils fond\u00e8rent une colonie \u00e0 l\u2019image de la France, offrirent aux indig\u00e8nes les premiers enseignements de notre culture, d\u00e9brouill\u00e8rent \u00e0 notre intention l\u2019\u00e9cheveau des connaissances locales indispensables. Puis, satisfaits de leur effort, ils demand\u00e8rent \u00e0 cette terre qu\u2019ils avaient prise de les accueillir dans son sein pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 et ils s\u2019\u00e9teignirent, loin des doux r\u00e9conforts de la m\u00e8re patrie.<\/p>\n\n\n\n<p>La France, du reste, n\u2019avait pas attendu leur d\u00e9c\u00e8s pour les rayer du nombre de ses enfants. D\u00e8s leur d\u00e9part, souvent d\u00e9finitif, elle avait consid\u00e9r\u00e9 comme perdus ceux qui allaient porter au loin son renom et son drapeau. Elle avait revu sans gratitude ceux d\u2019entre eux qui revenaient lui consacrer leur vieillesse, alors que d\u2019autres ne purent m\u00eame pas atteindre le port et succomb\u00e8rent en mer.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que naquit, grandit puis se dissipa dans des vapeurs de sang, de larmes et de passions, un miroir \u00e9pique vers quoi des millions d\u2019hommes et de femmes march\u00e8rent en portant les douleurs et les enchantements de l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les pierres de gloire ne gardent pas leurs noms, si leur sacrifice est demeur\u00e9 anonyme, nous n\u2019en devons que davantage apporter l\u2019hommage de notre pi\u00e9t\u00e9 reconnaissante \u00e0 ces rudes artisans de la plus splendide entreprise fran\u00e7aise qui ait jamais \u00e9t\u00e9 tent\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En deux si\u00e8cles, sous deux Empires et quatre R\u00e9publiques, ces hommes allaient servir dans les Arm\u00e9es fran\u00e7aises. Officiers ou simples soldats, la plupart du temps, volontaires, ils allaient \u00eatre de tous les combats mais aussi de toutes les t\u00e2ches quotidiennes, m\u00eame les plus modestes. Pour les morts et pour les blessures du corps et de l\u2019\u00e2me, la France leur d\u00e9cerna des croix\u2026 puis elle les combattit, les chassa de cette terre ingrate qu\u2019ils avaient arros\u00e9e de leur sueur et de leur sang, et les effa\u00e7a de sa m\u00e9moire.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En politique, c\u2019est peut-\u00eatre la foi qui sauve, mais ce sont les \u0153uvres qui comptent.&nbsp;C\u2019est par ses \u0153uvres que l\u2019Alg\u00e9rie, fille de la force fran\u00e7aise, a montr\u00e9 au monde qu\u2019elle n\u2019a pas d\u00e9m\u00e9rit\u00e9 des magnifiques \u00e9nergies qui se sont, aux temps h\u00e9ro\u00efques, inclin\u00e9es sur son berceau. Ce r\u00eave de mis\u00e8re ensoleill\u00e9 dura 132 ans et il durerait encore si les forces du mal n\u2019avaient pas en ce monde souvent l\u2019avantage sur les ap\u00f4tres du bien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jos\u00e9 CASTANO<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><strong>-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ET ILS PARTIRENT VERS LA&nbsp;TERRE PROMISE\u2026 \u00ab&nbsp;Du temps de la France, l\u2019Alg\u00e9rie&nbsp;c\u2019\u00e9tait le paradis&nbsp;!&nbsp;\u00bb &nbsp;(HOCINE AIT AHMED, chef historique du F.L.N alg\u00e9rien) La question de la&nbsp;m\u00e9moire&nbsp;entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie&#8230; <a href=\"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/2019\/11\/06\/jose-castano-du-temps-de-la-france-lalgerie-cetait-le-paradis\/\">Cliquez pour lire davantage &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[21,26],"tags":[731,12788],"class_list":["post-27087","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-limites-de-la-republique","category-societe-traditionnelle","tag-algerie-francaise","tag-jose-castano"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27087","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27087"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27087\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27087"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27087"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27087"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}