{"id":27090,"date":"2019-11-08T09:38:40","date_gmt":"2019-11-08T08:38:40","guid":{"rendered":"https:\/\/chartedefontevraultprovidentialisme.wordpress.com\/?p=27090"},"modified":"2019-11-08T09:38:40","modified_gmt":"2019-11-08T08:38:40","slug":"27090","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/2019\/11\/08\/27090\/","title":{"rendered":"Le cardinal Sarah intervient \u00e0 nouveau pour la communion sur les l\u00e8vres"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La Lettre de Paix liturgique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>lettre 717 du 21 Octobre 2019<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0Le cardinal Sarah intervient \u00e0 nouveau pour la communion sur les l\u00e8vres<br \/>\u00a0\u00ab La fa\u00e7on m\u00eame dont a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e la pratique de la communion dans la main semble donc avoir \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e en dehors des voies de Dieu \u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\">\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Les \u00e9ditions Art\u00e8ge sont sur le point de faire para\u00eetre en fran\u00e7ais le livre du P. Frederico Bortoli, <em>La distribution de la communion dans la main<\/em>. Ce livre est pr\u00e9fac\u00e9 par le cardinal Robert Sarah, Pr\u00e9fet de la Congr\u00e9gation pour le Culte divin. Nous sommes heureux de publier en bonnes feuilles la version fran\u00e7aise de cette pr\u00e9face, avec l\u2019aimable autorisation des \u00e9ditions Art\u00e8ge. Don Frederico Bortoli est un pr\u00eatre fort connu en Italie. Cur\u00e9 de paroisse dans le Dioc\u00e8se de San Marino, chancelier dioc\u00e9sain, juge au tribunal eccl\u00e9siastique, il intervient sur des questions d\u2019Eglise, par des conf\u00e9rences et des vid\u00e9os tr\u00e8s visionn\u00e9es, sur la confession, la chastet\u00e9 avant le mariage, la f\u00e9condit\u00e9 des couples, la communion sur les l\u00e8vres, etc. Sur ce dernier point, qui lui tient beaucoup \u00e0 c\u0153ur, il a r\u00e9cemment particip\u00e9 \u00e0 un colloque qui s\u2019est tenu \u00e0 Rome, \u00ab Unis avec J\u00e9sus Eucharistie \u00bb, le 5 octobre (conf\u00e9rences du cardinal Burke, du cardinal Ranjith, de Mgr Schneider, de Mgr Bux), \u00e0 la veille de l\u2019assembl\u00e9e du Synode sur l\u2019Amazonie, destin\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre au maximum de cette requ\u00eate : revenir \u00e0 la discipline traditionnelle de l\u2019Eglise et au respect de la Sainte Eucharistie. Son livre intervient apr\u00e8s ceux de Mgr Juan Rodolfo Laise, <em>La Communion dans la main<\/em> (CIEL, 1999), de Mgr Athanasius Schneider <em>Dominus est<\/em> (Tempora, 2008) et <em>Corpus Christi<\/em>. <em>La communion dans la main<\/em> <em>au c\u0153ur de la crise de l\u2019\u00c9glise<\/em>, (Contretemps, 2014), du P. Paul Cocard, <em>La communion sur la langue, une pratique qui s\u2019impose<\/em> (DMM, 2015), qu\u2019il reprend et pr\u00e9cise avec beaucoup d\u2019acuit\u00e9. \u00a0 La pr\u00e9face du cardinal Sarah approuve pleinement les propos de don Bortoli avec l\u2019autorit\u00e9 liturgique qui est la sienne : \u00ab Au-del\u00e0 des motivations th\u00e9ologiques examin\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, la fa\u00e7on m\u00eame dont a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e la pratique de la communion dans la main semble donc avoir \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e en dehors des voies de Dieu\u00bb <br \/><br \/><strong>La Pr\u00e9face du cardinal Robert Sarah<\/strong> \u00a0 Avant l\u2019apparition de la Vierge Marie, au printemps 1916, l\u2019Ange de la Paix apparut \u00e0 Lucie, Jacinthe et Fran\u00e7ois, et leur dit : \u00ab N\u2019ayez pas peur, je suis l\u2019Ange de la Paix. Priez avec moi! \u00bb L\u2019Ange se mit \u00e0 genoux et se prosterna jusqu\u2019\u00e0 terre. Alors, pris d\u2019une force surnaturelle, les enfants l\u2019imit\u00e8rent et r\u00e9p\u00e9t\u00e8rent apr\u00e8s lui cette pri\u00e8re : \u00ab Mon Dieu, je crois, j\u2019adore, j\u2019esp\u00e8re et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n\u2019adorent pas, n\u2019esp\u00e8rent pas et ne Vous aiment pas. \u00bb Puis l\u2019Ange disparut. \u00c0 l\u2019automne 1916, \u00e0 la troisi\u00e8me apparition de l\u2019Ange, les enfants se rendirent compte que l\u2019Ange, toujours le m\u00eame, tenait dans sa main gauche un calice au-dessus duquel flottait une hostie. De cette hostie, quelques gouttes de sang coulaient dans le calice. Laissant le calice et l\u2019hostie suspendus dans l\u2019air, l\u2019Ange s\u2019approcha des enfants et, se prosternant jusqu\u2019\u00e0 terre, r\u00e9p\u00e9ta trois fois cette pri\u00e8re : <em>\u00ab Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9, P\u00e8re, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profond\u00e9ment et je Vous offre les tr\u00e8s pr\u00e9cieux Corps, Sang, \u00c2me et Divinit\u00e9 de Notre Seigneur J\u00e9sus-Christ, pr\u00e9sent dans tous les tabernacles du monde, en r\u00e9paration des outrages, sacril\u00e8ges et indiff\u00e9rences par lesquels Il est Lui-m\u00eame offens\u00e9. Par les m\u00e9rites infinis de son C\u0153ur Sacr\u00e9 et du C\u0153ur Immacul\u00e9 de Marie, je vous demande la conversion des pauvres p\u00e9cheurs. \u00bb<\/em> Puis, se levant, l\u2019Ange prit de nouveau dans ses mains le calice et l\u2019hostie et donna l\u2019hostie \u00e0 Lucie et le Sang du calice \u00e0 Jacinthe et Fran\u00e7ois, rest\u00e9s agenouill\u00e9s, en disant : \u00ab <em>Prenez et buvez le Corps et le Sang de J\u00e9sus-Christ, horriblement outrag\u00e9 par les hommes ingrats. R\u00e9parez leurs crimes et consolez votre Dieu. \u00bb<\/em> L\u2019Ange se prosterna de nouveau jusqu\u2019\u00e0 terre, r\u00e9p\u00e9tant de nouveau trois fois avec Lucie, Jacinthe et Fran\u00e7ois la m\u00eame pri\u00e8re \u00e0 la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9. L\u2019Ange de la Paix nous montre ainsi comment recevoir le Corps et le Sang de J\u00e9sus-Christ. De nos jours, malheureusement, la pri\u00e8re de r\u00e9paration dict\u00e9e par l\u2019Ange est tout sauf obsol\u00e8te. Quels sont donc les outrages que le Christ re\u00e7oit dans la sainte hostie et que nous devons r\u00e9parer? En premier lieu, il y a les outrages contre le Sacrement m\u00eame : les horribles profanations dont certains ex-satanistes convertis ont donn\u00e9 des t\u00e9moignages et des descriptions qui glacent le sang ; outrageuses aussi sont les communions sacril\u00e8ges, re\u00e7ues en l\u2019absence de la gr\u00e2ce de Dieu voire sans professer la foi catholique (je me r\u00e9f\u00e8re \u00e0 certaines pratiques de ce que l\u2019on appelle \u00ab l\u2019intercommunion \u00bb). En second lieu, constitue un outrage \u00e0 Notre Seigneur tout ce qui contribue \u00e0 emp\u00eacher la fructuosit\u00e9 du Sacrement, en particulier les erreurs sem\u00e9es dans l\u2019esprit des fid\u00e8les et qui les portent \u00e0 ne plus croire en l\u2019Eucharistie. Les terribles profanations op\u00e9r\u00e9es dans les d\u00e9nomm\u00e9es \u00ab messes noires \u00bb ne blessent pas directement Celui qui est outrag\u00e9 dans l\u2019hostie car elles ne touchent que les esp\u00e8ces du pain et du vin. Bien entendu, J\u00e9sus souffre pour les \u00e2mes des profanateurs, pour lesquelles Il a vers\u00e9 ce Sang que ceux-ci m\u00e9prisent si mis\u00e9rablement et cruellement. Mais J\u00e9sus souffre bien plus quand le don extraordinaire de Sa Pr\u00e9sence eucharistique divine-humaine ne peut produire ses effets dans les \u00e2mes des croyants. On comprend alors que la plus insidieuse des attaques du diable consiste \u00e0 essayer d\u2019\u00e9teindre la foi en l\u2019Eucharistie, semant des erreurs et favorisant une mani\u00e8re inadapt\u00e9e de la recevoir \u2013 la guerre entre saint Michel et ses anges d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et Lucifer, de l\u2019autre, continue dans le c\u0153ur des fid\u00e8les : la cible de Satan est le Sacrifice de la Messe et la Pr\u00e9sence r\u00e9elle de J\u00e9sus dans l\u2019hostie consacr\u00e9e. Cette tentative de d\u00e9tournement emprunte deux voies : la premi\u00e8re est la r\u00e9duction du concept de \u00ab pr\u00e9sence r\u00e9elle \u00bb. Nonobstant les rappels r\u00e9currents du Magist\u00e8re, de nombreux th\u00e9ologiens n\u2019arr\u00eatent pas de se moquer du terme de \u00ab transsubstantiation \u00bb. \u00ab Ceci est Mon Corps\u2026 Ceci est Mon Sang\u2026 \u00bb : ce simple \u00ab est \u00bb r\u00e9v\u00e8le tout l\u2019amour du Christ, Son d\u00e9sir ardent de se tenir physiquement aupr\u00e8s de nous comme Il l\u2019a fait avec la Sainte Vierge, saint Joseph, les ap\u00f4tres, la foule affam\u00e9e, les disciples d\u2019Emma\u00fcs\u2026 Les bons docteurs et le magist\u00e8re de l\u2019\u00c9glise ont trouv\u00e9 dans la parole \u00ab transsubstantiation \u00bb un bastion inexpugnable contre les h\u00e9r\u00e9sies et, en m\u00eame temps, la parole la plus ad\u00e9quate pour indiquer l\u2019amour tr\u00e8s r\u00e9el \u2013 \u00ab substantiel \u00bb, justement \u2013 pr\u00e9sent dans les saintes esp\u00e8ces, ind\u00e9pendamment des dispositions des hommes et de leurs pens\u00e9es. Le principe d\u2019immanence, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019erreur philosophique qui consid\u00e8re que ce n\u2019est plus \u00e0 la pens\u00e9e de s\u2019adapter au r\u00e9el mais au r\u00e9el d\u2019\u00eatre encadr\u00e9 et d\u00e9fini par la pens\u00e9e, a tent\u00e9 de polluer \u00e9galement la doctrine eucharistique : la pr\u00e9sence r\u00e9elle objective \u2013 soit l\u2019Amour sans condition \u2013 est relativis\u00e9e en fonction de celui qui en comprend le sens (transfinalisation) ou de celui qui s\u2019en nourrit (transsignification). Paul VI a d\u00fb intervenir par l\u2019encyclique <em>Mysterium fidei<\/em>, pr\u00e9cis\u00e9ment pour expliquer que ces concepts n\u2019expriment pas de fa\u00e7on ad\u00e9quate le myst\u00e8re eucharistique. Non! L\u2019Amour est pr\u00e9sent dans le Saint Sacrement quand bien m\u00eame il n\u2019y aurait personne pour L\u2019aimer en retour, personne pour Le comprendre, personne pour s\u2019en nourrir, personne pour y penser. Il est l\u00e0, comme un rocher qui surgit au milieu du d\u00e9sert : Il adore, Il rend gr\u00e2ces, Il demande pardon pour les hommes et invoque toutes les gr\u00e2ces qui leur sont n\u00e9cessaires de fa\u00e7on absolument ind\u00e9pendante de leurs dispositions d\u2019esprit; et tout cela pour que les hommes eux-m\u00eames finissent par croire et se rendre \u00e0 Son Amour : \u00ab <em>credidimus caritati<\/em> \u00bb (1 Jn 4,16). Voyons maintenant comment la foi dans la pr\u00e9sence r\u00e9elle peut influencer la fa\u00e7on de recevoir la communion, et r\u00e9ciproquement. Recevoir la communion dans la main comporte indubitablement une grande dispersion des fragments. En revanche, l\u2019attention aux moindres parcelles, le soin apport\u00e9 \u00e0 la purification des vases sacr\u00e9s, le fait de ne pas toucher l\u2019hostie avec les mains en sueur, deviennent des professions de foi en la pr\u00e9sence r\u00e9elle de J\u00e9sus, y compris dans les plus petites particules des esp\u00e8ces consacr\u00e9es : si J\u00e9sus est la substance du pain eucharistique et si la dimension des fragments est seulement un accident du pain, alors peu importe qu\u2019un morceau d\u2019hostie soit grand ou petit! La substance est la m\u00eame! C\u2019est Lui! Au contraire, la n\u00e9gligence envers les fragments fait perdre de vue le dogme : petit \u00e0 petit pourrait se r\u00e9pandre l\u2019id\u00e9e que \u00ab si le cur\u00e9 ne fait pas attention aux fragments, s\u2019il administre la communion de fa\u00e7on \u00e0 ce que les fragments puissent \u00eatre dispers\u00e9s, alors J\u00e9sus n\u2019y est pas pr\u00e9sent, ou alors, seulement jusqu\u2019\u00e0 un certain point \u00bb\u2026 La seconde voie sur laquelle se d\u00e9ploie l\u2019offensive contre l\u2019Eucharistie correspond \u00e0 la tentative d\u2019extirper le sens du sacr\u00e9 du c\u0153ur des fid\u00e8les. La Congr\u00e9gation pour le culte divin et la discipline des sacrements, d\u00e8s 1980, avec l\u2019instruction <em>Inaestimabile donum<\/em>, d\u00e9non\u00e7ait une perte grandissante du sens du sacr\u00e9 dans la liturgie qui, malheureusement, s\u2019est poursuivie au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Bien s\u00fbr, le Seigneur nous aime de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, \u00e0 travers Sa providence : la vie naturelle, l\u2019air que nous respirons, notre prochain, etc. Dieu nous donne tant de choses mais il y a un amour par lequel Dieu Se donne Lui-m\u00eame, nous faisant prendre part \u00e0 Sa nature divine : cet amour s\u2019appelle la \u00ab gr\u00e2ce \u00bb et c\u2019est un amour qui transcende tous les autres. Si nous interpr\u00e9tons mal l\u2019expression \u00ab tout est gr\u00e2ce \u00bb, si nous ne proc\u00e9dons pas aux distinctions opportunes, nous risquons de tomber dans le panth\u00e9isme et dans le naturalisme : parce que, si tout est gr\u00e2ce, rien n\u2019est gr\u00e2ce. Si le premier plan de l\u2019ordre naturel et de l\u2019amour providentiel n\u2019existe pas, alors le second, celui de l\u2019ordre surnaturel et de la gr\u00e2ce, n\u2019existe pas non plus. Et cela doit \u00eatre clair : par-del\u00e0 la Providence, il existe un amour de Dieu non commun, sp\u00e9cial : \u00ab <em>dilectio specialis<\/em> \u00bb. Et cette \u00ab <em>dilectio specialis<\/em> \u00bb est contenue dans l\u2019Eucharistie. C\u2019est pour cela que saint Thomas d\u2019Aquin commence son trait\u00e9 sur l\u2019Eucharistie en nous montrant ce qui est propre \u00e0 ce sacrement. Alors que les autres sacrements sont \u00ab le signe d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 sacr\u00e9e, en tant qu\u2019elle est sanctifiante pour les hommes \u00bb (Summa Theologiae, III, q. 60, a. 2, c), le sacr\u00e9 n\u2019est pas ici seulement signifi\u00e9 mais substantiellement pr\u00e9sent : \u00ab <em>Or il y a cette diff\u00e9rence, entre l\u2019Eucharistie et les autres sacrements qui ont une mati\u00e8re sensible, que l\u2019Eucharistie contient quelque chose de sacr\u00e9 en elle-m\u00eame, absolument, \u00e0 savoir le Christ lui-m\u00eame<\/em> \u00bb (Summa Theologiae, III, q. 73, a. 1, ad 3). L\u2019Eucharistie est sacr\u00e9e parce qu\u2019elle contient le sacr\u00e9 par excellence, le Dieu trois fois saint, le Dieu qui est charit\u00e9, le plus sacr\u00e9 et saint des amours : ce n\u2019est pas pour rien que l\u2019Eucharistie est appel\u00e9e \u00ab Sacramentum caritatis \u00bb. Avoir le sens du sacr\u00e9 signifie percevoir cette pr\u00e9sence sp\u00e9ciale. Alors que le terme de \u00ab transsubstantiation \u00bb nous indique la r\u00e9alit\u00e9 de la pr\u00e9sence, le sens du sacr\u00e9 nous en fait entrevoir l\u2019originalit\u00e9 et la saintet\u00e9 absolues. Quelle disgr\u00e2ce que de perdre le sens du sacr\u00e9 au contact de ce qu\u2019il y a justement de plus sacr\u00e9! Comment cela se peut-il? En recevant la nourriture sp\u00e9ciale \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019une nourriture ordinaire. Ce serait du gnosticisme que de penser pouvoir d\u00e9tacher la foi des signes ext\u00e9rieurs sensibles \u2013 qui doivent en revanche \u00eatre coh\u00e9rents avec ce qu\u2019ils entendent signifier, car l\u2019homme n\u2019atteint d\u2019habitude la perception des r\u00e9alit\u00e9s invisibles que par des signes concrets, passant du connu \u00e0 l\u2019inconnu, comme le souligne le docteur ang\u00e9lique (Summa Theologiae, III, q.60, A. 2, c). Dans Sacrosanctum Concilium, le concile Vatican II rappelle l\u2019importance des gestes, des attitudes du corps, des signes ext\u00e9rieurs et de leur grande valeur p\u00e9dagogique (SC 30 et 33). Par cons\u00e9quent, \u00e0 la pr\u00e9sence r\u00e9elle d\u2019un amour sp\u00e9cial (dilectio specialis), correspond un culte sp\u00e9cial, une louange sp\u00e9ciale \u2013 thema laudis specialis (s\u00e9quence Lauda Sion) \u2013, et une mani\u00e8re tout aussi sp\u00e9ciale de le recevoir : pas comme un pain commun. Saint Pie X, pour admettre les enfants \u00e0 la premi\u00e8re communion, ne demandait pas qu\u2019ils sachent expliquer les vocables \u00ab substance \u00bb et \u00ab accident \u00bb mais qu\u2019ils consid\u00e8rent le pain eucharistique comme diff\u00e9rent du pain commun (d\u00e9cret Quam singulari, 7 ao\u00fbt 1910). C\u2019est la notion premi\u00e8re, la condition sine qua non, la premi\u00e8re graine qui pourra cro\u00eetre en une plus grande compr\u00e9hension \u2013 le balbutiement de la th\u00e9ologie attendant de contempler J\u00e9sus qui n\u2019est plus voil\u00e9 : si un enfant re\u00e7oit le pain eucharistique comme il re\u00e7oit un bonbon de sa maman, quel sens du sacr\u00e9 pourra-t-il acqu\u00e9rir? Comme le dit le proph\u00e8te Malachie, le Seigneur lui-m\u00eame nous demande de cultiver le sens du sacr\u00e9 : \u00ab Si donc je suis p\u00e8re, o\u00f9 est l\u2019honneur qui m\u2019est d\u00fb? Et si je suis Seigneur, o\u00f9 est la crainte qui m\u2019est due? \u2013 d\u00e9clare le Seigneur des arm\u00e9es \u00e0 vous, les pr\u00eatres qui m\u00e9prisez mon nom \u00bb (Ma 1,6). Cette demande divine est cependant et exclusivement au service de l\u2019homme : comme le proclame la pr\u00e9face eucharistique commune IV, \u00ab Tu n\u2019as pas besoin de notre louange, et pourtant c\u2019est Toi qui nous inspires de Te rendre gr\u00e2ce : nos chants n\u2019ajoutent rien \u00e0 ce que Tu es, mais ils nous rapprochent de Toi \u00bb et nous aident \u00e0 croire aux myst\u00e8res de la foi. La liturgie est faite de nombreux petits gestes et rituels capables d\u2019exprimer chacun individuellement notre amour, notre respect filial et notre adoration pour Dieu. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cette raison qu\u2019il convient de promouvoir la beaut\u00e9, la pertinence et la valeur pastorale d\u2019une pratique d\u00e9velopp\u00e9e au cours de la longue vie et de la tradition de l\u2019\u00c9glise, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019acte de recevoir la sainte communion sur la langue et \u00e0 genoux. La grandeur et la noblesse de l\u2019homme, ainsi que la plus haute expression de son amour pour le Cr\u00e9ateur, consistent \u00e0 s\u2019agenouiller devant Dieu. J\u00e9sus Lui-m\u00eame a pri\u00e9 \u00e0 genoux en pr\u00e9sence du P\u00e8re : \u00ab Et s\u2019\u00e9tant \u00e9loign\u00e9 d\u2019eux environ d\u2019un jet de pierre, Il se mit \u00e0 genoux, et priait : P\u00e8re, si vous le voulez, \u00e9loignez ce calice de moi! N\u00e9anmoins que ce ne soit pas ma volont\u00e9 qui se fasse, mais la v\u00f4tre. \u00bb [Pater, si vis, transfer calicem istum a me; verumtamen non mea voluntas sed tua fiat] (Lc 22,42 ; Mc 14,35-36; Mt 26,38-39). La liturgie c\u00e9leste insiste et recommande que l\u2019on se prosterne devant l\u2019Agneau immol\u00e9 : \u00ab Je regardai, et je vis au milieu du tr\u00f4ne et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau qui \u00e9tait debout et comme \u00e9gorg\u00e9, et qui avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoy\u00e9s par toute la terre. Il s\u2019avan\u00e7a, et il re\u00e7ut le livre de la main droite de celui qui \u00e9tait assis sur le tr\u00f4ne. Et apr\u00e8s qu\u2019il l\u2019eut ouvert, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prostern\u00e8rent devant l\u2019Agneau, ayant chacun des harpes, et des coupes d\u2019or pleines de parfums, qui sont les pri\u00e8res des saints. \u00bb (Ap 5,6-8) \u00c0 ce sujet, je voudrais proposer l\u2019exemple de deux grands saints de notre \u00e9poque : saint Jean-Paul II et sainte Th\u00e9r\u00e8se de Calcutta. Toute la vie de Karol Wojty\u0142a a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par un profond respect envers la Sainte Eucharistie. Il y aurait beaucoup \u00e0 dire, et beaucoup a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit, sur ce point. Il suffit de penser aux derni\u00e8res ann\u00e9es de son minist\u00e8re p\u00e9trinien : un homme marqu\u00e9 dans son corps par la maladie, ce qui le conduisait, progressivement et irr\u00e9versiblement, \u00e0 une d\u00e9t\u00e9rioration physique quasi totale. Pourtant, bien qu\u2019ext\u00e9nu\u00e9 et d\u00e9pourvu de forces, litt\u00e9ralement d\u00e9truit par la maladie, comme clou\u00e9 au Christ, Jean-Paul II ne s\u2019autorisa jamais \u00e0 s\u2019asseoir en pr\u00e9sence du Saint Sacrement. Qui ne se souvient pas avec \u00e9motion et affection de ces images du pape \u00e9cras\u00e9 par la maladie, ext\u00e9nu\u00e9, mais toujours \u00e0 genoux devant le Tr\u00e8s Saint Sacrement durant la procession de la F\u00eate-Dieu, entre Saint-Jean de-Latran et Sainte-Marie-Majeure? M\u00eame tr\u00e8s malade, le pape a toujours tenu \u00e0 s\u2019agenouiller devant le Saint Sacrement. Il \u00e9tait incapable de s\u2019agenouiller et de se relever par lui-m\u00eame et avait besoin des autres pour plier les genoux comme pour se redresser. Jusqu\u2019\u00e0 ses derniers jours, il a voulu nous donner le t\u00e9moignage d\u2019un grand respect pour le Tr\u00e8s Saint Sacrement. Comment donc pouvons-nous \u00eatre si insensibles aux signes que Dieu Lui-m\u00eame nous offre pour nourrir notre croissance spirituelle et notre relation intime avec Lui? Pourquoi ne nous mettons-nous pas \u00e0 genoux, \u00e0 l\u2019exemple des saints, pour recevoir la communion? Est-il vraiment si humiliant de se prosterner et de demeurer \u00e0 genoux devant Notre Seigneur? Pourtant, \u00ab ayant la forme et la nature de Dieu, [\u2026] Il s\u2019est an\u00e9anti lui-m\u00eame, se rendant ob\u00e9issant jusqu\u2019\u00e0 la mort, et jusqu\u2019\u00e0 la mort de la croix \u00bb (Phil 2, 6-8). Sainte Th\u00e9r\u00e8se de Calcutta, religieuse exceptionnelle que nul n\u2019oserait traiter de traditionaliste, de fondamentaliste ou d\u2019extr\u00e9miste, et dont la foi, la saintet\u00e9 et le don total de soi \u00e0 Dieu et aux pauvres sont connus de tous, avait un respect et un culte absolus envers le Divin Corps de J\u00e9sus-Christ. Bien \u00e9videmment, elle avait l\u2019occasion de toucher chaque jour la \u00ab chair \u00bb du Christ au contact des corps ab\u00eem\u00e9s et souffrants des plus pauvres d\u2019entre les pauvres. Cependant, remplie de stupeur et de respectueuse v\u00e9n\u00e9ration respectueuse, M\u00e8re Teresa prenait soin de ne pas toucher le Corps transsubstanti\u00e9 du Christ. En revanche, elle restait longtemps \u00e0 genoux, prostern\u00e9e devant J\u00e9sus Eucharistie, L\u2019adorant et Le contemplant en silence. Elle recevait en outre la communion sur les l\u00e8vres, comme un petit enfant qui se laisse nourrir humblement par son Dieu. La sainte \u00e9tait remplie de tristesse et de peine \u00e0 la vue des chr\u00e9tiens recevant la sainte communion dans la main. Elle d\u00e9clara qu\u2019\u00e0 sa connaissance toutes ses religieuses recevaient la communion exclusivement sur les l\u00e8vres. N\u2019est-ce pas l\u2019exhortation que Dieu nous adresse : \u00ab Je suis le Seigneur, votre Dieu, qui vous ai fait sortir de la terre d\u2019\u00c9gypte : ouvrez grand votre bouche, et je la remplirai \u00bb (Ps 81,11)? Pourquoi nous obstinons-nous \u00e0 communier debout et sur la main? Pourquoi cette attitude de refus de soumission aux signes de Dieu? Qu\u2019aucun pr\u00eatre n\u2019ose pr\u00e9tendre imposer son autorit\u00e9 \u00e0 ce sujet en refusant ou maltraitant ceux qui d\u00e9sirent recevoir la communion \u00e0 genoux et sur les l\u00e8vres : nous venons comme des enfants recevoir humblement le Corps du Christ sur les l\u00e8vres et \u00e0 genoux. Les saints nous montrent l\u2019exemple. Ce sont eux les mod\u00e8les que Dieu nous donne \u00e0 imiter! La question qui se pose est : mais comment a-t-on pu arriver \u00e0 cette pratique de la communion dans la main? Il s\u2019est agi d\u2019un processus tout sauf transparent, d\u2019un passage entre ce que conc\u00e9dait l\u2019instruction <em>Memoriale Domini<\/em> et ce qui est aujourd\u2019hui un usage si r\u00e9pandu. La concession \u00e9tait de permettre aux conf\u00e9rences \u00e9piscopales des seuls pays o\u00f9 la pratique de la communion dans la main avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abusivement introduite, de demander un indult pour continuer \u00e0 la distribuer ainsi. L\u00e0 o\u00f9 ce n\u2019\u00e9tait pas possible, en vertu du principe d\u2019autorit\u00e9, la prescription \u00e9tait de revenir \u00e0 l\u2019usage habituel de recevoir la communion. H\u00e9las, comme pour le latin, comme pour la r\u00e9forme liturgique qui aurait d\u00fb s\u2019inscrire dans la continuit\u00e9 des rites ant\u00e9rieurs, une concession particuli\u00e8re est devenue un levier pour ouvrir et vider le coffre-fort prot\u00e9geant les tr\u00e9sors liturgiques de l\u2019\u00c9glise. Le Seigneur guide le juste par des \u00ab voies droites \u00bb (Sg 10,10) et non par des subterfuges. Au-del\u00e0 des motivations th\u00e9ologiques examin\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, la fa\u00e7on m\u00eame dont a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e la pratique de la communion dans la main semble donc avoir \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e en dehors des voies de Dieu. Puisse cet ouvrage encourager tous les pr\u00eatres et les fid\u00e8les qui, mus par l\u2019exemple de Beno\u00eet XVI \u2013 qui dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de son pontificat tint \u00e0 distribuer l\u2019Eucharistie sur les l\u00e8vres et \u00e0 genoux \u2013, d\u00e9sirent administrer ou recevoir l\u2019Eucharistie de cette fa\u00e7on bien plus adapt\u00e9e au sacrement lui-m\u00eame. J\u2019esp\u00e8re que se produira ainsi une red\u00e9couverte et une promotion de la beaut\u00e9 de la valeur pastorale de cet usage. Il s\u2019agit selon moi d\u2019une question importante sur laquelle l\u2019\u00c9glise actuelle doit se pencher. C\u2019est un acte suppl\u00e9mentaire d\u2019adoration et d\u2019amour que chacun de nous peut offrir au Christ. Je suis tr\u00e8s heureux de voir tant de jeunes choisir de recevoir Notre Seigneur avec une telle r\u00e9v\u00e9rence, \u00e0 genoux et sur les l\u00e8vres. \u00a0 <br \/>Robert, card. Sarah Pr\u00e9fet de la Congr\u00e9gation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td>\u00a0<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Lettre de Paix liturgique lettre 717 du 21 Octobre 2019 \u00a0Le cardinal Sarah intervient \u00e0 nouveau pour la communion sur les l\u00e8vres\u00a0\u00ab La fa\u00e7on m\u00eame dont a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9e&#8230; <a href=\"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/2019\/11\/08\/27090\/\">Cliquez pour lire davantage &raquo;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[2253,4511],"class_list":["post-27090","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blogs-et-sites-catholiques","tag-cardinal-sarah","tag-communion-sur-les-levres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27090","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27090"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27090\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/charte-fontevrault-providentialisme.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}