Vous connaissez tous, bien sûr, le roman d’Alexandre Dumas qui a donné lieu à un immense succès cinématographique récent (après quelques autres…). Mais il est probable que vous ne connaissez pas les armoiries du personnage principal de l’oeuvre, Edmond Dantès, comte de Monte-Cristo, ainsi qu’elles ont été décrites dans l’oeuvre de Dumas et donc imaginée par lui-même.
Contrairement à ce que vous pensez peut-être, Dumas était un fort bon connaisseur non seulement de l’histoire de notre pays et de la société de celui-ci au XIXème siècle mais aussi de l’héraldique ou science et art des armoiries. Il avait d’ailleurs hérité, du chef de son père, Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie, dit le général Dumas, (famille noble du Pays-de-Caux), des armoiries qui figurent encore au fronton du château de Monte-Cristo, en Ile-de-France : D’azur, à trois aiglettes d’or, les deux en chef affrontées tenant de leurs serres voisines un anneau d’argent en cœur sommant l’aiglette en pointe.
Armoiries Davy de la Pailleterie.
Dans le roman, Dumas attribue à son héros des armoiries que nous pourrions appeler “parlantes” ( https://charte-fontevrault-providentialisme.fr/index.php/2025/04/12/64252/ ) car elles évoquent de façon claire le patronyme de son personnage. Nous pouvons les blasonner ainsi : D’argent à une montagne d’or mouvant d’une mer d’azur et sommée d’une croix de gueules. Tout y est : la mer (l’histoire débute en Méditerranée), le mont (pour “Monte” de Monte-Cristo mais qui peut évoquer aussi le château d’If, prison d’Edmond Dantès dans l’archipel du Frioul) et la croix du Christ au sommet de la montagne…
Armoiries du comte de Monte-Cristo.
Et voila comment, une fois encore, l’héraldique nous relie à l’histoire comme à la littérature. Souvenez-vous d’ailleurs ici des propos de Gérard de Nerval : “LE BLASON EST LA CLÉ DE L’HISTOIRE !”
Dernier clin d’oeil à l’oeuvre d’Alexandre Dumas et au comte de Monte-Cristo, voici les armoiries de Fernand Mondego, pêcheur catalan et l’un des dénonciateurs d’Edmond Dantès mais qui, par ses intrigues, parvint à être fait comte de Morcerf et pair de France (je tiens à la disposition de ceux que cela intéresserait une réflexion personnelle sur le “comté de Mortcerf“) ! : Parti, au 1/ d’azur à sept merlettes d’or posées en bande et au 2/ de gueules à une tour donjonnée d’argent. Il fut, finalement, puni pour cette imposture par sa femme, Mercedes Herrera, et son propre fils, Albert.
Fernand Mondego dans l’oeuvre de Dumas.
Armoiries du comte de Mortcerf.
Pour le CER et la Charte de Fontevrault, Jean-Yves Pons, CJA.
Merci cher Alain pour cette publication qui ouvre une réflexion sur l’héraldique imaginaire et ses implications dans la littérature tout en respectant les règles que nous avons énoncées par ailleurs.