Raoul Fougax ♦
Le président ne le fera peut être pas, mais il a envisagé de prendre la parole devant les élus réunis à Versailles en congrès, la veille d’un discours de politique générale de son premier ministre.
On ne peut mieux exprimer une tendance plus monarchiste que républicaine de l’élu à la présidence.
Il a envisagé de parler avant « son » premier ministre dans le décorum royal de Versailles dans le cadre exceptionnel du congrès, réunion des deux chambres.
Le Congrès peut être réuni dans trois cas : en vue d’une révision de la Constitution ; pour autoriser l’adhésion d’un État à l’Union européenne ; pour entendre une déclaration du Président de la République. Dans ce dernier cas, cette déclaration peut être suivie d’un débat qui ne fait l’objet d’aucun vote, hors de la présence du chef de l’État.
Lorsqu’il est conduit à se prononcer sur un projet ou une proposition de loi constitutionnelle ou sur l’adhésion d’un État à l’Union européenne, le Congrès, à la différence d’une assemblée législative, ne peut exercer le droit d’amendement.
Convoqué par le Président de la République, le Congrès du Parlement siège au château de Versailles, dans l’hémicycle de l’Aile du Midi. Il est régi par un Règlement propre, mais son Bureau est celui de l’Assemblée nationale. Sa réunion extraordinaire deviendra donc régulière. Le président veut s’adresser directement aux élus.
Le président au-dessus de tout est en marche, c’est clair
La reine d’Angleterre, elle, prononce devant les chambres un discours écrit par le premier ministre qui est le vrai patron du pays.
Avec Macron on se rapproche plus d’une conception bonapartiste du pouvoir. La présidence macronienne est donc bien plus absolutiste que les monarchies constitutionnelles d’Europe. Ces dernières de plus ont l’avantage de la continuité, de l’hérédité et surtout ne sont pas soumises au vote populaire.
Il manque à Macron la légitimité d’une dynastie et les succès d’un Bonaparte. La flagornerie médiatique ne suffira pas à couronner un règne qui ne fait que commencer.
Et en république comme en monarchie de Néron à louis XV on passe vite du « bien aimé » à l’impopularité extrême.
Sinon le roi serait toujours à Versailles.
https://metamag.fr/2017/06/27/macron-veut-parler-devant-les-chambres-reunies-en-congres/