Le mot du Connétable : Nécessaire et pressant – Partie 1

Devant les commentaires qui, depuis quelques temps, dans le blog de la Charte de Fontevrault se font virulents, discourtois, quelques fois à charge ou insinuant gratuitement des affirmations ou des diatribes hors de l’esprit de notre mouvement, voire au sujet de l’existence même de la Charte, je me vois obligé de faire un rappel que je crois absolument nécessaire pour remettre les pendules à l’heure au sujet de ce qu’est vraiment la Charte, et pressant pour rester politiquement et spirituellement objectif et pragmatique, bref rester d’aplomb, devant les événements qui avancent inéluctablement :

Aux Fontevristes et aux sympathisants, aux intéressés et aux curieux,
Aux habitués du blog, à ceux qui l’ont lâché, à ceux qui le découvre,
Aux nouveaux venus, aux amis fidèles et aux adversaires avérés,
Aux étonnés, aux convaincus, aux moqueurs,
Aux pauvres amis du Roi, à ses détracteurs et ses ennemis,
A tous les amoureux de la France, à ceux qui la détestent,
Aux Français… à tous les Français,
Salut et bienveillance !

C’est le moment je pense, en ce temps, de rappeler quelques vérités et principes sur l’être-même de la Charte de Fontevrault. Sans vouloir imiter la célèbre exclamation de Michel Chevalet « La Charte de Fontevrault, comment ça marche ? », il est nécessaire de préciser quelques points importants qui font la spécificité fondamentale de ce mouvement discret – trop discret – de 37 printemps déjà, 

Fondée le jeudi 25 août 1988, jour de la saint Louis, par Alain Texier, Docteur en Droit, Maître de Conférences en Droit Public, et par monsieur l’Abbé Joseph Pohu, curé de Fontevraud à l’époque, devenu premier aumônier de la Charte, ce mouvement (c’est une association) s’affirme dès sa genèse comme un élan, une école, bref un groupement royaliste, atypique comparé à tous les autres mouvements royalistes existants, en ce sens qu’il se définit et se reconnaît comme représentant et porte-parole du Royalisme providentialiste.

 

Le Royalisme providentialiste… Kekseksa ?
Pour faire court, et ne pas rentrer dans de longues considérations ontologiques, métaphysiques et politiques du concept, je dirais à ce stade que :

« Le royalisme providentialiste est le royalisme selon Jeanne la Pucelle. »

Tout est dit.
Jeanne est née pour le manifester dans une période de grande confusion comme la nôtre, Elle le rappelle à l’élite de l’époque : aux grands et aux moins grands, qu’ils soient juristes, universitaires, évêques et hommes d’Église, seigneurs et dirigeants politiques, grands capitaines et soldats. Elle le martèle aux Français comme aux Anglais, au dauphin, à ses conseillers, à ses courtisans… surtout au dauphin.

On peut alors extrapoler sans aucun risque de se tromper en disant :

« La politique providentialiste EST la politique royale Très Chrétienne »

Considérée sous cet éclairage, la Charte de Fontevrault est un mouvement royaliste nouveau de 600 ans d’âge. C’est une belle prouesse et une belle référence !

 

L’objectif premier de la Charte de Fontevrault :
Le retour – au plus vite – du roi de France en France et sur le trône de France !

Quis ut Rex ?
[En français : Qui comme Roi ?]
Selon la coutume des Germains, et des Francs en particulier, la succession royale se fait selon la « Tanistrie » ordre successoral par les frères et les oncles pour conserver le plus longtemps possible le bien public au plus près de la « génération » actuelle au moment du décès du roi.

Après son baptême, Clovis modifie cette règle communément admise et suivie, en favorisant la succession d’abord par les fils du roi avant les autres membres de la famille. Très rapidement au bout de quelques années, cela « devient la coutume ». Il n’est pas encore question à cette époque de « primogéniture mâle » puisque le royaume est divisé selon le nombre de fils existants, mais en fait non pas divisé, mais plutôt administré régionalement par les fils du roi, parce que le « regnum » reste un.
(Cf. L’empire mérovingien de Bruno Dumézil – 2023 chez Passés/Composés).

A la même époque, Clovis, après conseil auprès des Grands et des Leudes, fait ajouter aux articles existants de la Loi salique un très court texte d’introduction appelé le Prologue, qui déclare publiquement et officiellement :

« Vive la nations des Francs, illustre, qui a Dieu pour Fondateur ».

Nous avons ici réponse à la question « Quis ut Rex ? »
La formulation est claire : Le Christ fonde la nation des Francs et en est le Roi.
C’est notre première « Constitution », elle institue le Droit divin !

Dans la seconde moitié du VIIIème siècle, les Carolingiens conserveront précieusement ce Prologue, en l’explicitant d’avantage dans le texte complet cité ci-après :

« L’illustre nation des Francs, qui a Dieu pour fondateur, puissante par les armes, constante dans la paix, profonde dans sa réflexion, corporellement noble, d’une pureté sans tache, d’une prestance sans pareille, intrépide, rapide, intraitable, récemment convertie à la foi catholique, indemne d’hérésie, au temps où elle vivait à la manière des Barbares, sous l’inspiration de Dieu, a cherché la clé de la Sagesse, en désirant la justice et en restant fidèle à la piété.
La loi salique fut dictée par les grands de la nation…
Lorsqu’avec la faveur de Dieu, le roi des Francs Clovis, florissant, beau, illustre, reçut le premier baptême catholique, tout ce qui dans le pacte paraissait moins adapté fut amendé d’une façon lumineuse par Clovis, Childebert et Clotaire, par des décrets, partout applicables.

Vive le Christ qui aime les Francs !
Qu’Il protège leur royaume !
Qu’Il éclaire leurs chefs de la lumière de Sa grâce !
Qu’Il protège leur armée !
Qu’Il affermisse leur foi !

Que le Seigneur des seigneurs, Jésus-Christ, par un don gratuit de son amour, leur accorde de jouir de la paix et du bonheur temporel ! Telle est cette nation dont la bravoure fait la force. Elle a rejeté de ses épaules en combattant, le joug très dur imposé par les Romains, et après avoir connu le baptême, les Francs ont recouvert d’or et de pierres précieuses les corps des saints martyrs que les Romains avaient brûlés ou décapités ou fait déchirer par les bêtes. »

 

La spécificité de la Charte de Fontevrault :
Tout particulièrement aujourd’hui, ne servir ni ne promouvoir aucun des princes actuels connus, aînés ou supposés, hormis celui qui sera désigné par Dieu comme étant Son Lieutenant pour régner sur la France. Cela en conformité et en application concrète de la prière du Notre Père dans ses trois demandes suivantes :

. « Que Votre règne arrive sur la terre comme au Ciel »,
Oui, et donc aussi, qu’il arrive sur le trône de France qui est bien de la terre, trône de Votre saint Royaume (sic dixit Jeanne la Pucelle), que Vous avez choisi et fondé pour manifester, c’est-à-dire révéler, temporaliser, et concrétiser Votre Royauté sur les nations, comme vous avez manifesté, sur Terre, Votre Humanité dans la terre et dans le peuple d’Israël, à qui Vous avez cependant retiré le Royaume (Mat. 21 : 43).

. « Que Votre volonté soit faites sur la terre comme au ciel »,
Oui, et donc aussi qu’elle soit faite sur le trône de France qui est bien de la terre, en particulier dans le choix que Vous-même Vous faites, et dans ce cas précis bien la Vôtre et non la nôtre, à chaque génération-succession, d’une manière absolue, suzeraine et parfaite, de la personne que vous Vous destinez comme Lieutenant-Vassal, pour le confier à votre saint Royaume, y régner et le gouverner « en Nom Dieu ».

. « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »,
Oui, et en particulier comme nous devons systématiquement le faire en ce qui concerne toute discussion, entretien, controverse, explication, ou désaccord, au sujet de tel ou tel prince existant ou supposé, et en n’oubliant jamais, dans ces cas précis, de faire nôtre la maxime de saint François de Sales :  « La vérité qui n’est pas charitable procède d’une charité qui n’est pas véritable ! ».

Chouandecoeur, Connétable de la Charte de Fontevrault.

Partie 2 à suivre…

 

8 thoughts on “Le mot du Connétable : Nécessaire et pressant – Partie 1

  1. GUILLON Alain

    Oui telle est la Charte, selon la mission de Jeanne la Pucelle. Merci pour ces fondamentaux qui constituent nos fondations.

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  2. DEWEER JEAN

    Clovis n’était pas un saint ; on oublie de dire qu’il fit assassiner nombre de chefs locaux rivaux. Il faut que son héritier (en ligne directe ?) selon la théolologie de Jeanne d’Arc le soit en même temps qu’un héros. Ce n’est pas facile. Il doit être une sûreté contre les hérésies et qu’il soutienne l’Église. Il faut admette qu’en dehors de la Charte de Fontevrault aucun mouvement royaliste n’a cette volonté et ambition. Est-ce une attente vaine ? Et les fidèles sont-ils prêts à admettre que cela puisse se faire par un chemin tortueux surtout au sortir des ténèbres républicaines ? Autrement dit, lui pardonneront-ils qu’il soit issu de l’histoire réelle ?

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    1. Avatar photoChouandecoeur Post author

      Dans votre commentaire il est écrit “théolologie” de Jeanne d’Arc. Voulez-vous dire “théologie” de Jeanne, ou “téléologie de Jeanne” ?
      Chouandecoeur

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  3. DEWEER JEAN

    Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel. Comme la vie sur Terre est beaucoup façonnée par les médias, il paraît opportun de faire état d’une discussion espérée avec Marion Maréchal, fidèle de Jeanne d’arc. Les deux pièces jointes ci-dessous illustrent mon propos.

    Marion Maréchal 1

    Reply
    1. DEWEER JEAN

      Dans ma lettre à Marion Maréchal je pose beaucoup de questions, cela veut évidemment dire que je sollicite des réponses. La France est en train de se tiers-mondialiser. Est-il astucieux de chasser les riches qui créent de l’emploi en stigmatisant l’argent ? Saint Matthieu en disant qu’on ne peut pas être à la fois pour Dieu et l’argent, avoir deux maîtres, est-il trop clivant ? Ce qu’il apparaît, c’est qu’ils peuvent n’être pas pour le roi et c’est le principal grief qui leur est fait, un roi qui peut n’être pas complètement fou et qui peut connaître l’intérêt à les garder. Comme tous les acteurs politiques dont Marion Maréchal, ils manifestent un insuffisant appétit à l’union des droites, trop peu efficace, au risque très grand de perdre face à une gauche qui aurait tous les mérites moraux, qui ne peut se faire qu’en se regroupant autour du roi qui est le premier intéressé dans l’accroissement de son héritage et ceci dans l’intérêt de tous dont les plus humbles. C’est une évidence, la gauche est contre l’idée même de roi, au point de vouloir sa mort. Le B.A. BA de la lutte contre elle est de se regrouper autour de celui qui est le plus menacé. Il n’est pas du tout un fasciste contrairement à ce qu’elle voudrait anachroniquement faire croire et le combattre c’est véritablement vouloir que la France ne soit plus…. 2027, et même avant, sera-t-il l’année de l’entière prise de conscience ? Que l’on se le dise !

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