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Focus sur les éclairages (1/3)
Par cette Encyclique, le Pape Léon XIV fait entrer résolument l’Église dans le XXI° siècle : les logiciels de l’Église sont carrément mis à jour, y compris Vatican II (1965 ?… J’hallucine !), pour prendre en compte le monde tel qu’il est devenu ; même si, curieusement, certains logiciels continuent de « buguer grave», comme dirait saint Carlo Acutis. L’encyclique est à la fois splendide et presque effrayante, tant par ce qu’écrit le Saint Père, que par la manière dont il l’écrit, et peut-être surtout par ce qu’il n’écrit pas. Certains vont se sentir pousser des ailes pour imposer les mains et sacrer à tours de bras. Mais nous sommes plus probablement, avec les deux icônes bibliques de la tour de Babel écroulée et de la ville de Jérusalem à rebâtir, devant un document prophétique au sens fort, qui nous permette de reprendre Cœur après le chaos ; « car étant grand-prêtre cette année-là, il fut prophète » (Jn 11, 51) ; au fond, un vade mecum pro Venturo Galliae Rege ? Qui vivra, verra.
Les tout premiers mots ont d’emblée une portée colossale : « la magnifique humanité », ça claque comme un étendard, ou comme le coup d’un de ces fouets de cordes dont le Seigneur s’était servi pour chasser les vendeurs du Temple. Car l’accusateur de nos frères, le diable, comme l’avait noté déjà Benoît XVI, dénigre l’humanité devant Dieu, et Dieu devant l’humanité ; et nous-mêmes passons notre temps à égrainer la même litanie : c’est lamentable, c’est horrible, c’est pitoyable, c’est sordide, c’est scandaleux, c’est atroce, c’est dégueulas, c’est à vomir. Mais lui claironne, comme par défi : magnifique est l’humanité ! Pourquoi ?
La phrase continue : la magnifique humanité… créée par Dieu ! Belote et rebelote : alors que l’humanité est en train de s’auto-créer, à ce qu’elle prétend, depuis quelques centaines d’années, et voit l’immortalité et la divinité presque accessibles au moins pour quelques uns, lui proclame : elle est créée par Dieu ; à la face des nouveaux maîtres qui s’apprêtent à verrouiller définitivement le monde sur lui-même après avoir fait perdre aux hommes le goût du seul vrai Dieu, le Dieu vivant, et tenté d’effacer les emblèmes et même jusqu’au souvenir de Jésus-Christ, suivant leur agenda imperturbable. Mais nous n’en sommes qu’au commencement de la fin.
Il poursuit en effet : la magnifique humanité créée par Dieu… se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble. Belote, rebelote et dix de der : la mondialisation consensuelle et la sécularisation triomphante masquaient de plus en plus mal l’antagonisme antique, ici et maintenant remis à nu. Or ce n’est pas un choix, justement : car le combat est déjà largement engagé depuis 2000 ans de ces temps qui sont les derniers, et l’option ultra contemporaine de cette bataille a été cochée d’office sans que nous n’ayons rien validé ; d’où l’impression d’accélération détestable de l’histoire, « marche ou crève ». GS 2 résumait ainsi l’état des lieux : « ce monde a été fondé et demeure conservé par l’amour du Créateur ; il est tombé, certes, sous l’esclavage du péché, mais le Christ, par la Croix et la Résurrection a brisé le pouvoir du Malin et l’a libéré pour qu’il soit transformé selon le dessein de Dieu et qu’il parvienne ainsi à son accomplissement. » Ce que constate aussi le Pape : « l’IA est déjà un environnement dans lequel nous sommes immergés et un pouvoir avec lequel nous devons composer » (n. 110).
Suite sur le prochain article…
