Contre toute humanité
Invité la première fois au chapitre de la Charte, on m’avait offert cet après-midi là, un petit mouchoir de Cholet, gage remis à ceux que l’on souhaitait revoir. Les années ont passé, et après les péripéties de ces temps troublés où nous sommes, je m’enhardis à proposer à la discussion du blog, trois billets de l’Aumônier comme les trois petits mouchoirs de Cholet ; commentaires au fil de l’écoute d’une interview sur « l’appel du peuple souverain contre le permis de tuer pour tous ».
Je ne mets pas de nom, parce que ce qui m’importe, ce ne sont pas les personnages, mais d’être aidé, par vos réactions, à savoir que penser de tout ce qui est dit. S’agit-il d’une n-ième loi scélérate qui n’en finit pas de finir et dont je me suis immédiatement désintéressé comme de toutes les autres, ou bien de la transgression de trop qui fait dores et déjà tomber le masque et bientôt le régime lui-même ?
Car celui qui a rédigé l’appel fait la démonstration d’une fenêtre de tir jusqu’à l’été 2026 probablement, pendant laquelle tout le monde peut incriminer, même au sens juridique du terme, tous et chacun des députés de l’assemblée nationale : qu’est-ce, en effet, que débattre ouvertement d’une injection létale dans l’intention de pouvoir tuer tous ceux qui seraient éligibles, sinon organiser les conditions d’un assassinat de masse ?
Les cinq dernières minutes sont les plus pénibles : tergiversation au lieu d’enthousiasme. C’est encore possible de l’empêcher ; mais plus on tarde et plus ce sera difficile…
Merci à l’interviewer de faire le crochet par l’avortement, première objection qui vienne à l’esprit : permis de tuer.. depuis 1975, il était vraiment temps de s’en rendre compte !
On peut alors entrer dans le vif du sujet avec le recul du temps. Car nos tabernacles contiennent le vrai Corps né de la Vierge Marie, du côté duquel ont jaillit l’eau et le sang, doux Jésus en sa pitié. Mais le tabernacle de la république, contient un fœtus avorté.
Les petits mouchoirs de Cholet sont rouges sang. Nous savons maintenant, par les fichiers répertoriés ad nauseam sur la toile, qu’il s’agit bien d’un culte, et des plus archaïques : un comble pour la religion du progrès pour tous.
Le vif du sujet, c’est donc au plus profond : l’abolition de l’amour du prochain et l’abolition de l’interdiction de tuer ; par des gens qui ne sont rien, si l’on considère leur légitimité : ni mandat, ni autorité, ni morale, pas même de base électorale significative.
Très juste expression pour décrire les allers-retours de la dite loi : les “aiguillages”. Allusion subliminale multiple : aux aiguilles à tricoter, loi Veil ; aux tricoteuses, devant la guillotine ; et bien sûr aux heures les plus sombres de notre histoire, la Pologne c’est plein Est en passant par l’Allemagne. Trois commentaires en dix minutes d’écoute, et il y en a pour une heure : ça promet.
Du cadre aux conditions, des amendements votés, dé-votés, re-votés, on en arrive aux concernés et aux cernés tout court : car il s’agit clairement de tri sélectif, des encombrants de la marchandise humaine.
Qui se souvient de la Note doctrinale de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous la houlette du Panzer Kardinal et la férule de Jean-Paul II, “Donum Vitae” sur PMA & GPA ? L’argument majeur en était, de façon surprenante en 1987 : “la chosification de l’être humain”. Mais créés à l’image de Dieu, seuls Papa et Maman sont élevés à la dignité de pro-créateurs des nouvelles personnes humaines, et certainement pas ces gens en blouse blanche.
A l’époque, levée de boucliers parmi les théologiens contre ce “biologisme” rétrograde ; sans parler de la presse, qui alors débattait encore un peu. Coïncidence : le TGV était en pleine expansion, l’important était que les trains arrivent à l’heure.
Depuis, on en est ici et maintenant, si j’ai bien compris, à une loi de mise à mort sur demande personnelle ou d’un tiers ; voire sur ordre d’un médecin ou du ministère public comme ce fut le cas pour.. « nan, rien ». Il n’y a rien à voir au-delà du rubalise officiel.
L’Aumônier de la Charte
